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Cette thèse est une étude d’histoire environnementale des milieux urbains de Montréal, Toulouse, Marseille et Toronto entre les années 1910 et 1980. La période couverte a été choisie car correspondant à deux temps d’augmentation des parcs automobiles canadiens et français : les années d’entre-deux-guerres et les Trente Glorieuses. L’objet central de ce travail sont les interactions entre les sociétés des quatre villes étudiées et les nuisances générées par la présence automobile au sein des quartiers centraux et anciens. Plus précisément, l’analyse a porté sur l’appréhension de ces différents phénomènes par les sociétés des quatre villes, c’est-à-dire la façon dont ils ont été décrits, dénoncés, perçus, par les populations, mais aussi gérés par les administrations. Le travail a par ailleurs été concentré sur les échelles locales, et les administrations publiques municipales dans une optique d’analyse par le bas. L’intervention des niveaux de gouvernement supérieurs (États, provinces, régions) n’a été abordée que de façon ponctuelle, lorsqu’elle était pertinente pour expliquer des situations locales. Enfin cette étude a également été menée dans une optique de comparaison internationale. En tant qu’étude d’histoire environnementale, on s’est attaché à travailler sur la mutation matérielle et physique des environnements urbains. Les mutations couvertes sont autant celles provoquées par la multiplication des nuisances elles-mêmes que celles entrainées par l’adaptation des milieux urbains à la présence automobile. Le travail de comparaison engagé ici permet également de saisir l’importance des échanges internationaux au sujet des nuisances automobiles pendant la période couverte. L’histoire de leur appréhension par les sociétés s’est révélé être une histoire connectée. Enfin, on tâche de mettre en lumière toute l’ambivalence du rapport des sociétés étudiées à la présence automobile tout au long de la période couverte. Sans qu’elles aient suffit à générer un rejet de la présence automobile en ville, les nuisances ont été centrales dans l’histoire de la motorisation des espaces centraux et anciens des villes occidentales.
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Cette thèse a pour ambition de présenter une « archéologie » de la culture biblique vernaculaire en Italie de la fin du Moyen Âge à la première moitié du XVIIe siècle. Nous nous intéressons, dans une perspective d’histoire de la dissidence religieuse, mais surtout de la « religion vécue », aux formes d’accès, à l’interprétation et aux pratiques des textes sacrés. Nous tentons de retracer les continuités et les transformations dans les habitudes de consommation des textes bibliques, ainsi que dans les pratiques et croyances qui en découlaient. Pour ce faire, nous nous focalisons sur l’expérience des laïc/ques, de toutes conditions sociales et de toutes compétences intellectuelles, en tenant compte à la fois des prescriptions et condamnations de l’Église et de la production éditoriale. La première partie porte sur la « pratique ordinaire » des Écritures à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance. Elle explore les multiples manifestations textuelles, orales et visuelles des textes sacrés et les diverses formes d’engagement des fidèles avec les contenus scripturaires, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du modèle de piété promu par l’Église. La seconde partie traite des facteurs religieux et intellectuels qui ont contribué à faire de la lecture des textes sacrés en vernaculaire une pratique dissidente au XVIe siècle, entraînant leur condamnation. La troisième partie examine les conséquences de l’Index Clémentin de 1596 sur l’accès des gens du commun aux Saintes Écritures en vernaculaire au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Elle analyse également les stratégies de contournement de la norme ecclésiastique adoptées par les lecteur/ices.
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Cette thèse d’histoire des relations internationales examine la politique de la France à l’égard du Proche-Orient et de la question israélo-palestinienne entre 1981 et 1984, soit durant les trois premières années de la présidence de François Mitterrand. La problématique centrale cherche à déterminer dans quelle mesure cette politique s’inscrit dans une logique de continuité ou de rupture par rapport aux orientations de ses prédécesseurs, depuis Charles de Gaulle. Cette période constitue un moment clé de la diplomatie française au Proche-Orient, bien que l’historiographie se soit davantage concentrée sur les réformes intérieures du gouvernement socialiste. À travers l’analyse d’un vaste corpus d’archives, cette recherche éclaire les décisions et dynamiques qui ont façonné la politique française face au conflit israélo-palestinien, aux États arabes, aux relations avec les superpuissances ainsi qu’aux interactions avec Israël et les Palestiniens. Les pronostics qui annonçaient un revirement significatif de la politique proche-orientale française après l’élection de François Mitterrand en mai 1981 méritent d’être nuancés. Mitterrand et le Parti socialiste cherchaient à maintenir un équilibre entre leur proximité traditionnelle avec Israël et l’héritage diplomatique gaulliste, caractérisé par de meilleurs rapports avec le monde arabe. Toutefois, cette posture s’est heurtée aux réalités géopolitiques, notamment à la guerre du Liban, aux tensions croissantes avec la Syrie et aux divergences persistantes avec les dirigeants israéliens. Paris a tenté de promouvoir une solution diplomatique à la problématique israélo-palestinienne en encourageant l’OLP à emprunter la voie politique et à rechercher une reconnaissance mutuelle avec Israël, une stratégie qui s’est néanmoins révélée inacceptable pour Washington et Tel Aviv. Si Paris avait initialement affiché une volonté d’indépendance diplomatique, elle a progressivement dû s’aligner sur la stratégie américaine, brouillant ainsi son positionnement traditionnel d’intermédiaire dans la région. Cette période révèle les limites de l’influence française au Proche-Orient. Bien que la France ait cherché à affirmer son statut de puissance indépendante, elle a dû composer avec des contraintes stratégiques qui ont restreint sa marge de manœuvre. Cette thèse met en évidence un équilibre délicat entre l’héritage gaulliste, la préservation des intérêts économiques et la volonté d’adopter une posture active dans la région, tout en ne disposant que de leviers d’action limités sur le terrain.