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This master’s thesis aims to shed light on why many episodes of violent collective behavior occurred in the contiones during the last century of the Roman Republic (133-44 BC). To get there, we have drawn on an analytical framework specialized in the understanding of intergroup conflict and recently used by historians: social psychology. We mainly used the Social Identity Theory because it is considered the most comprehensive in explaining intergroup behavior at both the societal and crowd levels. It turns out that the appearance of violence in the contiones can be explained both by reasons related to the political, social and economic context of Roman society in the first two centuries BC and by factors specific to this type of assembly. Drawing on recent studies, our analysis began by showing that the political and economic context of Rome caused divisions between the groups that constituted it. By considering this fragmentation, we were able to recognize the presence of factors that encouraged intergroup conflicts on a macro scale. We then looked separately at the two distinctive features of contiones (an audience assembled and a speaker discoursed) to determine how they contributed to violent outbursts. Our analysis suggested that contiones were one of the few contexts in which assembled individuals categorized their peers according to their political group membership and where a speaker could influence the dynamics that developed between these groups. Given the troubled state of Roman society, the contiones provided a fertile environment for intergroup conflict.
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Le phénomène de la romanisation étant des plus complexe, il est donc nécessaire de se concentrer sur un seul de ses aspects, mais aussi sur un espace géographique restreint : la diffusion de la citoyenneté romaine en Afrique proconsulaire. Quels sont ses mécanismes et ses processus? Quels sont les motifs pour Rome ou pour les indigènes? Finalement, quels sont les impacts de cette diffusion sur les individus ainsi que sur leur cité? Ultimement, y a-t-il eu une romanisation de l’Afrique par la diffusion de la citoyenneté romaine? Voilà les questions qui ont été posées à travers l’étude des cas de Thugga et de Lepcis Magna. Finlement, il semble que l’empereur ainsi que les notables locaux furent des moteurs importants de cette diffusion, que les motifs pouvaient être stratégiques ou culturels pour l’empereur, mais surtout fiscaux pour les notables et que le principal impact, autant sur les individus que sur la cité, fut bel et bien la transformation, voire la romanisation juridique, de l’Afrique romaine.
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Au coeur de la crise du IIIe siècle, l’Empire subit de toutes parts les assauts de Barbares soudainement plus nombreux et plus virulents. Parmi ces peuples se trouvaient les Goths, nouvellement arrivés, qui tinrent les Romains et leurs armées en échecs pendant vingt longues années. Face aux multiples défaites, parfois catastrophiques, et aux très nombreuses villes capturées et saccagées par les envahisseurs, ce mémoire se propose d’apporter une nouvelle approche à la compréhension des échecs dont les Romains firent l’expérience, mais aussi des solutions militaires qu’ils mirent en oeuvre face aux Goths au IIIe siècle. Les défaites majeures subies durant la décennie 250 sur le bas-Danube puis dans la région de la Mer Noire semblent pouvoir s’expliquer en partie par l’absence de connaissance qu’avaient Romains des Goths. Les premières victoires romaines significatives contre les Goths sous les règnes de Gallien puis Claude II ont été rendues possibles grâce à une évolution de la stratégie romaine face à cet ennemi, privilégiant l’emploi de la cavalerie et anticipant les schémas d’attaques des envahisseurs. Les décisions politiques et militaires d’Aurélien dans la région montrent que les Romains se sont enfin adaptés à la menace en modifiant leur perception des Goths, désormais mieux connus.
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While Caesar and his writings have been thoroughly studied for the past two centuries, it is time to make use of a new approach pioneered by Arthur M. Eckstein to study him. In his Mediterranean Anarchy, Interstate War, and the Rise of Rome Eckstein argues that Rome opportunistically conquered Italy and the Eastern Mediterranean through a series of defensive wars or “invitations”. What is novel about this approach is its use of political science paradigms, with a heavy emphasis on the concept of the realist anarchy. As such, using Eckstein’s framework and applying it to Caesar’s Bellum Gallicum this thesis shows that Caesar, contrarily to traditional historiography, did not conquer Gaul out of sheer bellicosity and personal ambition, but rather, as a result of a direct invitation from Rome’s Gallic allies to defensively interfere on their behalf in an act of bellum iustum. To do so, we will demonstrate that a state of anarchy exists in Gaul in accordance to Eckstein’s wider Mediterranean system. After which, a detailed analysis of Caesar’s De Bello Gallico will outline the specific instances in which Caesar opportunistically used this pre-existing anarchy to his advantage, before finally delving into the specificities of the “invitations” along with an analysis of Caesar’s use of aggressive diplomacy. To achieve this, we used first and foremost, Caesar’s commentaries as the primary sources, while Eckstein’s aforementioned work gave us the interpretative concepts and theoretical basis we needed; additionally, we drew on multiple supplementary primary sources and the surrounding relevant scholarship. After we demonstrated that Gaul was an anarchic system, we successfully applied Eckstein’s model, and its results clearly showed that the Gauls’ bellicosity against each other blinded them to the Roman danger, which Caesar used to systematically intervene, filling the power vacua left behind in his wake. This model is important because it provides us with an alternate explanation to the Roman conquest of Gaul, using one of history’s sister disciplines, political science. With this approach’s viability proven, it opens the door for vast other studies, in this as of yet, unexplored direction.
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Septimius Severus reigned from 193 to 211 A.D., between the Golden Age of the Antonine dynasty and the third century crisis of the Roman Empire. He was saluted emperor by his legions of Upper Pannonia but was compelled to fight two civil wars to retain power. From this, and his African origin, it could be interpreted that the imperial rule of Severus was the genesis of the evolution from the Principate to the Dominate, expressed through his imperial ideology. This Master’s thesis examines how an emperor of African origin adhered to the iconographic traditions inaugurated under the reign of Augustus, and establishes the degree and nature of his ideological innovations. Founded on literary, epigraphic and iconographical sources, this research will demonstrate that the ideology of Severus was part of the continued evolution of the Romans’ perception of imperial power.
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Ce mémoire porte sur la continuité des rituels divinatoires païens dans le cadre du culte chrétien en Gaule du IVe au VIe siècle. Il comporte une introduction rapportant notre problématique, notre terminologie, notre méthodologie ainsi que nos sources principales. Par la suite, le développement aborde les rites divinatoires des Sortes Sanctorum, des Sortes Sangallenses et les rites d’incubation dans le culte de Saint Martin de Tours. Pour chacun de ces cas, nous étudions leur provenance, leurs sources, leur déroulement, leur évolution et les similarités qui permettent de faire un lien avec des rituels païens déjà existants. Nous avons vérifié l’existence de cette continuité et déterminé qu’elle passait par plusieurs phénomènes, l’acculturation gauloise des rituels gréco-romains, l’importation de rites christianisés en Orient et l’assimilation des pratiques païennes locales par le culte chrétien pour répondre à une demande de divination par la population.
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Ce travail de recherche cherche à répondre à deux questions : Quels sont les liens sociaux liant les maîtres et ingénus aux dépendants, sont-ils plus importants entre ingénus et affranchis qu’entre ingénus et esclaves? Ont-ils une influence positive sur l’affranchissement des esclaves dans la Correspondance de Cicéron ? Cette étude évolue par thème, passant des liens amicaux, matrimoniaux, sexuels aux évaluations des maîtres et des patrons sur leurs esclaves et affranchis. Avant la conclusion, quelques pages seront également dévolues aux esclaves et affranchis absents de la Correspondance pour expliquer cette absence et les situer dans le contexte de la fin de la République romaine. L’étude des liens sociaux liant les dépendants aux maîtres, patrons et ingénus, dans une approche soulignant les liens amicaux, affectifs, maritaux et sexuels plutôt que les liens sociaux purement juridiques, a permis de prouver l’existence assez fréquente de liens amicaux et affectifs entre les dépendants (esclaves et affranchis) et les maîtres, les patrons et les ingénus dans la Correspondance. L’étude de la Correspondance démontre également que ses liens amicaux et affectifs étaient plus nombreux et plus soutenus entre affranchis et ingénus qu’entre ingénus et esclave, mettant en lumière l’importance des liens d’amitié et d’affection dans le processus d’affranchissement de certains esclaves.
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The army stationed in Gaul during the Later Empire was one of the three main armies available to the Roman Empire. Its evolution from the late IIIrd century to the early Vth century was marked by reforms applied gradually to the high command, and to the organization of troops and fortifications. These measures have interested scholars who established a model of troop deployment which enjoyed great popularity over a long period of time. The idea of strategy applied on a great scale was later included in this concept. This thesis proposes a synthesis of the latest research on the late Roman army in Gaul. The selected approach of analysis is based on a reevaluation of the sources without the bias of a preconceived defensive model. Some obsolete ideas regarding the late Roman army will also be subject to criticism.
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This dissertation is structured in three distinct sections: in the first one, we examine the divine figure of Liber Pater and the perception of this divinity in Roman Italy. Liber never ceases to surprise scholars, mostly because of his association with Dionysus, so it is necessary to address a simple but crucial question: who is Liber Pater? We emphasize in this section that Liber is an agrarian deity recognized within the pantheon of Rome and thus receives a public cult through the Liberalia and the triad that he forms with Ceres and Libera. The tutelage of Liber on libertas is also questioned: rather than understanding it in terms of political freedom, we must rather focus on a physical and mental freedom. In the second section, we establish a connection on the Italian territory between Liber and Dionysus-Bacchus thanks to the process of acculturation that took place with the arrival of Dionysus in Magna Graecia in the 8th and 7th century BC. We then explore, through the tutelage of Liber and Bacchus over wine as well as the repression of the Bacchanalia, the heterogeneous forms that the rituals and cults dedicated to these deities may have taken. Finally, our last section dives into the cult of Liber in Italy in the Early Empire. To do so, we use the methodological framework of lived ancient religion, which focuses on the spectrum of religious strategies that can be put in place to communicate with Liber, be it through donation, prayer, gesture, sacrifice, etc. This model of analysis gives us the opportunity to focus on the lived worship of Liber, therefore bringing us closer to the religious experience of individuals. We demonstrate, through an epigraphic corpus comprising several types of inscriptions, that numerous communication strategies were used, notably the rituals of votum, dedicatio, and consecratio through the donation of objects such as altars and statues. In groups, these strategies become more complex since the associative phenomenon produces a significant cult diversification: several Roman associations, all different from one other in their practices and composition, honored Liber and his benefits.
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This research aims to clarify the lixae’s logistic role in the Roman armies and it evolution between the end of the Republican period and the Late Empire. Although the lixae are often associated with sutlers and camp-followers, their presence in the armies is not limited to these two roles. This research will first define the civilian context in the Roman armies in relation with the lixae. The etymology and historiography of the lixae will then be treated prior to the description and analysis of their different roles according to ancient sources. The last part of this research will focus on the changing role of lixae in the Roman armies. The hypothesis advanced in this research is that the merchant role of lixae in the armies becomes more specialized over time. Finally, all the ancient sources mentioning lixae are grouped in two catalogs in the appendix of this research.
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Le présent mémoire se donne pour fin d'étudier, en les replaçant au sein du contexte politique de leur époque, deux textes importants de la pensée politique de Justinien : l'Ekthesis d'Agapète le diacre, et le Dialogue de science politique. Ces deux textes représentent le point de vue de deux groupes d'acceptation de Constantinople – à savoir des groupes qui peuvent participer à l’élévation ou à la destitution d’un empereur : le clergé, et l'élite des sénateurs et des hauts-fonctionnaires. À partir de ce cadre conceptuel, il s'agira, pour ce mémoire, de définir les problématiques ayant trait à la fonction et la conception du pouvoir impérial et à la forme de l'État, telles que les présentent ces deux textes. À terme, devra émerger comme cadre interprétatif l'affrontement de deux tendances: d'une part, un hellénisme politique christianisé (associé au clergé), et, d'autre part, une romanité conjuguée à une vision néoplatonicienne du monde (associée à l'élite sénatoriale et fonctionnaire). Ces deux traditions posent des questions différentes. D'un côté, celle de l'orthodoxie de l'empereur et de la nécessité, pour ce dernier, de suivre les préceptes de l'éthique chrétienne, de se montrer digne de Dieu, dont il est le serviteur; de l'autre, celle de la sauvegarde de l'héritage romain, portant notamment sur le rôle du Sénat et l’importance de la loi, de même que le lien entre empereur et philosophe.
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En continuité avec les ouvrages récents (Veyne 1981, MacMullen 1988 et Kelly 2004) qui tentent de relativiser les effets néfastes de la corruption lors du Bas-Empire, ce travail étudie le suffragium, le processus de nomination des fonctionnaires de bureaux, afin d'évaluer comment les acteurs sociaux du IVe siècle considéraient ce phénomène. Ce système, organisé d'une telle façon que les hauts fonctionnaires devaient fournir des lettres de recommandation aux candidats postulant à des postes au sein de la fonction publique, serait devenu complètement corrompu durant le IVe siècle et les lettres de recommandation auraient commencé à être systématiquement vendues. Pourtant, les lois de Constantin, Constance et Julien ne fournissent aucune preuve tangible que le suffragium était dans tous le cas vénal à cette époque. Bien au contraire, les empereurs ajoutaient la plupart de temps des épithètes au terme suffragium pour spécifier qu'il parle du suffragium vénal. Généralement, les empereurs sont présentés comme farouchement opposés au suffragium et à toutes les tractations qui y sont attachées. Loin d'être aussi hostiles envers les « pratiques corrompues », les empereurs de la dynastie constantinienne firent preuve d'un certain pragmatisme en voyant qu'ils ne pouvaient contrôler toutes les nominations de ceux qui voulaient entrer dans la fonction publique et que ce n'était pas nécessairement à leur avantage de le faire. Les empereurs se concentrèrent plutôt sur les restrictions entourant les promotions afin de faire en sorte que les personnes qui avaient de réels pouvoirs soient celles qui avaient démontré leurs qualités tout au long de leurs années de service. Bien qu'ils n'aient pas concrètement légiféré sur les critères d'embauche des candidats, cela ne veut pas dire que n'importe qui pouvait obtenir un poste. À travers l'étude des lettres de Libanios et de Symmaque, ce travail démontre que les hauts fonctionnaires ne fournissaient pas de lettres à quiconque le demandait, puisque leur réputation pouvait être entachée par le fait d'avoir recommandé un mauvais candidat à un de leurs amis. Les hauts fonctionnaires qui recevaient les recommandations pouvaient également soumettre les candidats à des examens afin d'être certains de la qualité de l'individu. Ce système officieux de contrôle des candidats vint pallier, en partie, les déficits de la législation impériale. Conjointement, la loi et les usages permirent à l'administration de fonctionner en lui fournissant des candidats qui répondaient aux critères de l'époque.
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This dissertation is interested in the connection between romano-persian political relations and the way written sources presented the Sassanids during late antiquity. Antique tradition had indeed been quite biased towards the Orientals: Persians in particular are usually described as cruels, cowardly, effeminates, lazy, toady and treacherous. Are these topoi, noticeable from the 5th century B.C., evolving during the 4th-6th centuries A.D., when the Sassanid kingdom is causing so many problems on the eastern frontier? Using anthropological tools and up-to-date publications on alterity and ancient ethnography, this essay strives to attain a better understanding of the Romans through the study of the way they presented their neighbors.
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En année 408 après J.-C., l’Espagne, malgré sa position péninsulaire à la fin de l’Europe, était intégrée à une culture pan-Méditerranéenne qui s’étendait du Portugal jusqu’à la Syrie. Trois décennies n’étaient pas encore passées depuis l’instauration du Christianisme comme religion de l’état romain et l’Eglise Catholique était en pleine croissance. L’année suivante, l’Espagne entra sur une voie de transformation irrémédiable alors que les païens, avec leurs langues barbares Germaniques franchirent les Pyrénées portant la guerre et la misère aux Hispano-Romains et fondant leurs royaumes là où auparavant gouvernait l’état romain. Dans le désarroi du Ve siècle, les évêques Catholiques luttèrent pour imposer leur dominance dans les communautés et dans les coeurs des pieux. À la lumière des progrès dans l’archéologie et la qualité des éditions critiques de nos sources littéraires est venu le moment d’identifier les évêques ibériques avec une attention aux conditions régionales. Ce mémoire caractérise les évêques de l’Espagne et du Portugal et démontre les épreuves auxquelles ils firent face comme intermédiaires entre indigènes et envahisseurs, comme évangélistes parmi les païens, persécuteurs des apostates et gardiens de la romanitas à la fin du monde Antique.
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Depuis la publication du livre « The Grand Strategy of the Roman Empire : from the first century A.D. to the third » d’Edward Luttwak, les recherches sur l’armée et les frontières romaines se sont exponentiellement développées. Le schéma que nous propose Luttwak avance l’idée que les Romains, dans une logique cohérente et rationnel, ont formulé et mis en pratique sur l’ensemble du territoire impérial une Grande Stratégie militaire de défense territoriale face aux ennemis extérieurs. Ces théories suscitèrent de vives réactions, en partie négatives. Les révisions les plus radicales stipulent qu’en raison de leurs connaissances géographiques limitées, de leur mentalité face au territoire et à l’expansion impériale, de l’absence de réelles menaces extérieures ainsi que selon le déploiement et l’organisation des troupes aux périphéries de l’Empire, les Romains n’ont en aucun cas eu le désir rationnel d’établir un dispositif de défense frontalière. Ce mémoire va donc tenter de dresser une synthèse de ces différents points en utilisant la Haute Mésopotamie – territoire et théâtre d’opération significatif au Proche-Orient entre l’Empire romain et l’Empire parthe/sassanide – en tant qu’étude de cas afin de vérifier si les évidences sur le terrain peuvent corroborer ces théories affirmant que les Romains, du IIe au IVe siècle EC, ont bel et bien formulé et appliqué une politique de défense frontalière sur l’ensemble de son territoire.
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Ce mémoire vise à dégager l’édifice politique que les Huns léguèrent aux Avars et aux Bulgares entre le cinquième siècle et l’aube du onzième siècle. Pour ce faire, il faut tout d’abord définir ce monument politique hunnique. Le premier pan de ce travail sera donc le dégagement des principes doctrinaux qui animaient le pouvoir des seigneurs des steppes et qui orientaient leur idéologie. Ce langage politique s’est transformé sur la longue durée en une koinê que tous les groupes barbares, sur l’ensemble de la charnière eurasiatique, étaient à même d’interpréter. Ensuite, les facteurs qui facilitaient l’hégémonie d’un clan donné seront identifiés. En fonction des éléments précédemment dégagés, les entités politiques steppiques seront définies comme des cartels. Cet idiome, emprunté aux sciences économiques sera mobilisé afin d’énoncer les objectifs des chefs de cartels de manière plus claire. Ceux-ci découlaient d’un désir des chefs d’obtenir la mainmise sur un marché global des biens de prestige et des honneurs. Afin d’identifier correctement les buts des cartels steppiques, il est ceci-dit nécessaire de travailler en adoptant une approche eurasiatique et interactioniste afin de rendre compte de la fluidité de l’ordre politique steppique pendant l’Antiquité tardive. En effet, les chefs de cartels et ceux qui ont fait le choix d’adhérer à leurs projets politiques ont été contraints de relever des défis toujours plus grands tels des crises climatiques, la consolidation des États voisins en empires aux prétentions universelles et la complexification des systèmes sur lesquels ils essayaient d’assoir leur hégémonie. En occident, les Huns - entendus comme un groupe politique uni en un cartel mené par le clan d’Attila - ont presque réussi à s’enraciner durablement, mais les réformes d’Attila ont brisé l’accord de cartel qui unissait toutes ces populations disparates, ces « entreprises », entre elles. Ainsi, dès lors qu’Attila et son clan disparaissaient au milieu du cinquième siècle, les groupes auparavant unis sous une même bannière devaient trouver un nouveau terrain d’entente. Ce terrain d’entente sera dégagé par les Avars et la maison de Baïan, qui réussit à unir tous les groupes anciennement affiliés aux Huns derrière une nouvelle dynastie tout autant prestigieuse qui avait les moyens fournir une alternative à l’intégration au monde romain. Plus tard, les Bulgares ont émergé afin de fournir, eux aussi, une alternative à Rome et aux Avars. Ils réussirent leur pari en mobilisant le souvenir d’Attila mais également en adoptant un langage politique qu’ils avaient emprunté tant au cartel des GökTürks qu’aux Romains.
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The study of the Roman imperial cult in the 4th century has often been relegated to the background in research relating to this subject. The imperial cult has even often been relegated to the same fate than the rest of the Roman traditional cults. However, in the light of period sources and the work of certain historians, such as Louis Bréhier, the imperial cult seems to have survived this prognosis of disappearance. More interesting still, the imperial cult appears to have transformed and adapted to the new reality offered by a Christianizing Roman Empire while the power of the emperor was becoming more sacred. The work presented in this thesis parallels the metamorphosis experienced by the imperial cult with the strengthening of imperial power during the fourth century, while comparing the evolution of the perception that Christians had of this fundamentally traditional institution. As mentioned above, the study is based on a body of contemporary sources, ranging from Christian homilies to epigraphic sources which will corroborate the information found in the work of several historians who have studied the topic. Overall, this research demonstrates that the imperial cult succeeded in shedding religious connotations that Christians considered problematic while continuing to function and occupy a central place in the life of the Romans. This, together with an imperial power expressed in absolute terms, initiated the metamorphosis of the imperial cult into a "monarchical cult", exalting even more the emperor's power for centuries to come.
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Constantine, with his seize of power in the early fourth century, has allowed the growth of a new form of devotion dedicated to the men and women tormented because of their beliefs in Christ and his Holy Father. Thereby, Lawrence, persecuted in 258 A.D. in Rome, has become the main figure of martyrdom in the Eternal City during the following century. This master's thesis aims at comprehending how the cult of Lawrence's unfolded and why it became the predominant martyr cult in the Roman capital. By studying literary and epigraphic sources, especially Damasus, Ambrose, Augustine and Prudence, as well as the archaeological data on the construction of the churches dedicated to Lawrence, we came to the conclusion that the Roman martyr helped establish a Christian collective memory corresponding to the identity needs of the Urbs in this period characterized by the passage of a "pagan" empire to a Christian empire. This creation of a collective memory is based on the sacralisation of the roman territory by the emperor Constantine and the roman bishop Damasus, on the introduction of new rituals and on the instrumentation of Lawrence and the cult of the saints by the ancient writers in their elaboration of a Christian identity for the city of Rome.
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Claude fut empereur romain entre 41 et 54 apr. J.-C., succédant à son neveu Caligula. Alors que les sources littéraires antiques témoignent de la faiblesse d’esprit d’un empereur dirigé par ses affranchis et par ses femmes, les documents épigraphiques et papyrologiques mettent en lumière un empereur soucieux de rendre la justice et dont les décisions tournées vers un pragmatisme lui ont valu le surnom d’empereur des citoyens. Cependant, si le personnage hors du commun a fait couler beaucoup d’encre, les spécialistes ne se sont attardés que très rarement à la province d’Égypte sous son règne, alors que celle-ci est pourtant aux prises avec un important conflit judéo-alexandrin qu’a mis au jour la fameuse Lettre de Claude aux Alexandrins. En lisant celle-ci, nous en apprenons non seulement sur le conflit en question, mais encore sur la citoyenneté alexandrine, le culte impérial et le témoignage direct d’une politique personnelle engagée de l’empereur Claude envers l’Égypte. Ce présent mémoire est divisé en quatre chapitres. Le premier examinera les traits du multiculturalisme égyptien sous la présence romaine. Le deuxième chapitre expliquera la crise qui opposa les Grecs aux Juifs d’Alexandrie et qui fut l’élément déclencheur d’une politique personnelle de Claude. Le troisième chapitre se penchera sur d’autres témoignages du reste de l’Empire pour mieux déterminer le caractère passif ou actif de Claude et évaluer si la Lettre est bel et bien de son initiative personnelle. Enfin, le quatrième chapitre abordera le sujet du culte impérial en Égypte pour s’intéresser au souci de légitimation et d’acceptation de l’empereur par ses sujets égyptiens.
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Known to the scholarly milieu of historians, Roman history reached the general public during the 20th century in various forms: cinema, literature, schools and museum exhibitions. The emperor Augustus is important in Roman history for his transformative role of the Roman world. Born in 63 BC and died in 14 AD, Augustus became the founder of a new political regime, the Principate, replacing the Roman Republic, and making Augustus the first Emperor. He thus marks the history of the Roman Empire until its fall, and will still influence the entire European and Western world twenty centuries later. In 1937, the Mostra Augustea della Romanità is an Italian exhibition organized under the fascist regime celebrating the “idea of Rome” – the Romanità –, and wanting to amalgamate Augustus with Mussolini. This exhibition is analyzed in comparison with two other exhibitions (Kaiser Augustus und die verlorene Republik, Berlin, 1988; and Augusto/Moi, Auguste, Empereur de Rome, Rome/Paris, 2013/2014). The research focuses on the museum representation of Augustus and on the relation of the historiography still evolving with each exhibition. The exhibition catalogs are the main source for exhibited artifacts, themes, research, and storytelling. Each exhibition is put in its context and compared to their contemporary historiography, centered on outstanding works of their time. Thus, these exhibitions are tinted by their time, but in turn influence contemporary and future popular historical culture and as for academia. Museological work is not only popularization of historical discourse for the general public, but also participatory work in historiography.