Bibliographie complète
La gestion de l'eau en Égypte gréco-romaine
Type de ressource
Thèse
Auteurs/contributeurs
- Ragheb, Marina (Auteur)
- Perreault, Jacques Y. (Collaborateur)
Titre
La gestion de l'eau en Égypte gréco-romaine
Résumé
Cette étude s’intéresse à la gestion de l’eau en Égypte durant la période gréco-romaine. Elle explore à la fois les moyens mis en oeuvre pour capter, stocker, distribuer et utiliser cette ressource vitale, et les représentations culturelles, religieuses et symboliques qui lui sont associées. L’analyse repose sur une documentation archéologique, épigraphique et textuelle variée, ainsi que sur des comparaisons régionales, notamment avec la Syrie-Palestine. Le premier chapitre fournit des détails géologiques et géographiques qui expliquent la nature des sources d’eau en Égypte. Le Nil reste incontestablement la principale source d’eau, structurant l’économie, l’organisation sociale et le paysage égyptien. À côté du fleuve, les eaux souterraines et les eaux de pluie jouent également un rôle non négligeable, notamment dans les régions désertiques ou côtières. L’exploitation des sources d’eau repose sur un savoir-faire ancien, hérité de l’époque pharaonique, enrichi de techniques importées du monde grec et romain. L’usage des chadoufs, puis des roues à eau (sawâqî), illustre l’évolution de ces dispositifs hydrauliques. Le deuxième chapitre commence par présenter les traces archéologiques des nilomètres, répartis le long du Nil du sud au nord. Cet instrument, dont l’origine remonte à l’époque de l’Égypte ancienne, demeurait un outil de première importance à l’époque gréco-romaine. Le chadouf fut d’abord l’appareil le plus répandu, avant d’être progressivement remplacé par la roue à eau, dont l’usage s’est poursuivi jusqu’à l’époque moderne. Si la vis d’Archimède et la pompe à pistons sont connues théoriquement, leur emploi semble rester marginal, voire inexistant en Égypte. Le troisième chapitre traite des techniques de stockage et de récupération de l’eau dans ces villes éloignées de la vallée du Nil. Il est vraisemblable de conclure que les oasis ont connu, durant l’époque gréco-romaine, une évolution du système des galeries souterraines (qanawât) déjà présent en Égypte depuis l’invasion perse. Des exemples remarquables se trouvent à ‘Ain Manâwir et à ‘Ain al-Labkha, dans l’oasis d’al-Khârga. Les routes commerciales étaient dotées de stations d’eau dès l’époque grecque. Sous les Romains, des forteresses furent construites autour de puits pour sécuriser les routes et les sources d’eau. Ces forteresses étaient si bien approvisionnées qu’elles comportaient parfois des bains. Les mines et les carrières s’approvisionnaient généralement grâce aux puits situés à proximité. 4 La première partie du quatrième chapitre est consacrée à l’étude de l’approvisionnement en eau dans les villes de la côte méditerranéenne, Alexandrie en tête. Cette ville possédait, lors de sa fondation, un système hydraulique unifié, mais au fil des années des systèmes propres à chaque quartier étaient entrepris. Certains quartiers étaient desservis par un réseau de galeries souterraines, tandis que d’autres étaient dotés de citernes. Dans les banlieues d’Alexandrie, comme les anciennes villes de Marina al-ʿAlamain et de Marsa Matrûḥ, l’eau de pluie constituait souvent la principale source d’adduction. La deuxième partie du chapitre examine l’approvisionnement en eau dans les villages situés en bordure du Nil. Dans ces localités, le fleuve jouait un rôle central. Toutefois, des puits étaient parfois creusés. Le cinquième chapitre présente des exemples de systèmes hydrauliques utilisés dans la région de la Syrie-Palestine durant l’époque gréco-romaine. Les caractéristiques topographiques de la région déterminaient le type de système hydraulique mis en oeuvre à travers les différentes époques. Dans les régions arides, les moyens d’approvisionnement variaient entre les citernes recueillant l’eau de pluie, les galeries exploitant les eaux souterraines, et les aqueducs transportant l’eau depuis une source éloignée. En revanche, dans les zones proches des fleuves, les moyens de puisement suffisaient généralement à couvrir les besoins quotidiens. Le dernier chapitre traite des usages de l’eau touchant tous les aspects de la vie quotidienne : hygiène, alimentation, artisanat, agriculture, médecine, et bien sûr, religion. L’eau servait à boire, cuisiner, nettoyer les habitations, soigner et se purifier. L’hygiène revêtait une double dimension, à la fois corporelle et rituelle. La frontière entre purification physique et purification religieuse était souvent floue. L’eau occupait aussi une place centrale dans les sanctuaires, où elle servait à irriguer les jardins sacrés. Dans la sphère funéraire, l’eau apparaît à la fois dans l’iconographie et dans les aménagements réels. Des citernes, des rigoles et des espaces cultivés ont été identifiés dans des hypogées à Mustapha Kamil, Chatby, et Marina al-ʿAlamain. Ainsi, l’étude de l’eau en Égypte gréco-romaine révèle non seulement un savoir-faire ou une technique développée, mais aussi un fort symbole culturel. L’eau est partout : dans les gestes du quotidien, dans les croyances, dans les paysages urbains et funéraires, et dans les relations entre les hommes et les dieux. Cette approche permet de compléter l’histoire de l’eau en Égypte ancienne, tout en soulignant la continuité et les innovations propres à la période gréco-romaine.
Type
Thèse de doctorat (Ph.D.)
Université
Université de Montréal
Lieu
Montréal
Date
2026-03
DOI
Consulté le
26/03/2026 16:35
Langue
Français
Catalogue de bibl.
umontreal.scholaris.ca
Référence
Ragheb, Marina. « La gestion de l’eau en Égypte gréco-romaine ». Thèse de doctorat (Ph.D.), Université de Montréal, 2026. https://doi.org/10.71781/34369.
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