Penser et agir pour la paix au Québec : un nouveau chantier de recherche

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Article de revue
Auteurs/contributeurs
Titre
Penser et agir pour la paix au Québec : un nouveau chantier de recherche
Résumé
16 août 1938 : Joseph Labarre scelle l’enveloppe qu’il destine à la Société des Nations. Résidant à Montmorency, l’homme est musicien à ses heures, mais, surtout, il croit à la paix, alors que la guerre civile endeuille l’Espagne et que l’Allemagne de Hitler poursuit ses coups de force pour renverser l’ordre européen issu du Traité de Versailles. À un an du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, Joseph Labarre, qui se décrit comme « sans ressource et de plus infirme », soumet à l’organisation de Genève un « Chant pour la paix » avec paroles et musique, modeste oeuvre témoignant autant de son attachement pour la concorde entre les nations que de son espoir qu’elle soit éventuellement adoptée par la SDN et lui assure ainsi gloire et fortune. Le geste, pour l’époque, n’a rien de très original, des centaines de propositions similaires ayant été envoyées à la Société des Nations depuis sa fondation en 1919 –, geste vain par ailleurs, puisque l’organisation internationale n’a jamais réussi à se doter d’un hymne ou même d’un drapeau officiel. Or, l’intérêt de cette missive ne réside pas dans son sujet, mais plutôt dans le fait qu’il s’agit de la seule lettre d’un Canadien français trouvée dans un corpus en comptant des milliers et composant le courrier des « gens ordinaires » à Genève. Du reste, si Joseph Labarre avait souhaité s’associer à des concitoyens pour envisager une action concertée, il aurait été bien en peine : durant l’entre-deux-guerres, aucune association pour la paix n’existait dans l’espace canadien-français.
Publication
Bulletin d'histoire politique
Date
2026
Volume
33
Numéro
1
Pages
231-250
ISSN
1201-0421
Langue
Français
Référence
Bouchard, Carl, Paul-Étienne Rainville, et Stéphane Roussel. « Penser et agir pour la paix au Québec : un nouveau chantier de recherche ». Bulletin d’histoire politique 33, no 1 (2026) : 231‑50.
Années
Corps professoral