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  • La question métisse en Indochine française est un sujet complexe sur lequel plusieurs auteurs ce sont attardés, mais qui constitue encore un riche terrain de recherches et d’analyses pour les historiens de la colonisation. Ce mémoire tente d’explorer les multiples dialogues et interactions entre la sphère publique indochinoise urbaine s’exprimant en langue française et les pouvoirs coloniaux métropolitains en ce qui a trait au traitement des enfants métis franco-vietnamiens considérés comme « abandonnés » lors de l’entre-deux-guerre. Il tend ainsi à démontrer l’utilisation politique faite de la question métisse par les pouvoirs français dans l’optique d’une légitimation coloniale visant à pérenniser leur système de domination. Dans ce processus, plusieurs réflexions journalistiques, témoignages et objets de propagande ont été confrontés au discours gouvernemental officiel afin de dresser un tableau holistique et synthétique des multiples ambiguïtés inhérentes au déploiement de la stratégie coloniale française en Asie du sud-est : la « mission civilisatrice ».

  • La dîme fut un impôt important qui permit à l’Église de se structurer au Moyen Âge. Elle reste pourtant méconnue des historiens, qui ont surtout considéré ses côtés économiques et religieux. Qu’en est-il toutefois des jeux politiques l’entourant? Poussé par un désir de comprendre la société médiévale et de démontrer les multiples facettes de la dîme, l’auteur de cet ouvrage a analysé trente et une chartes normandes datées du XIe au XIIIe siècle et majoritairement produites par les seigneurs de Tancarville, qui étaient alors chambellans de Normandie. Ces chartes sont presque toutes des confirmations de dons de dîmes destinées à l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, nécropole des chambellans qui en furent les fondateurs à l’aube du XIIe siècle, et leur analyse, à la lumière de deux chapitres historiographiques traitant de la dîme, des seigneurs de Tancarville et de l’abbaye, a permis à l’auteur de démontrer que les dons de dîmes ont pu être utilisés dans le but d’affirmer l’autorité des chambellans sur les moines de Saint-Georges ou de faire accepter certaines clauses à ces derniers. L’étude de ces chartes a également permis de découvrir l’existence d’un document falsifié. En même temps, cette étude vient s’ajouter à d’autres plus anciennes pour synthétiser les connaissances et y ajouter une meilleure compréhension des richesses dont a pu jouir l’abbaye bénédictine. Elle vient aussi confirmer la valeur économique importante des dîmes. Enfin, ce mémoire publie quelques chartes inédites et propose une brève analyse du cartulaire de Saint-Georges de Boscherville rédigé au XIIIe siècle et encore méconnu de nos jours. En ce sens, il ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les chercheurs intéressés, puisqu’il effleure le contenu et les détails d’un document massif de deux cent vingt-six folios inédit à ce jour. Ainsi, si cette étude laisse bien des portes ouvertes derrière elle, elle a aussi su en éclairer quelques-unes.

  • Claude fut empereur romain entre 41 et 54 apr. J.-C., succédant à son neveu Caligula. Alors que les sources littéraires antiques témoignent de la faiblesse d’esprit d’un empereur dirigé par ses affranchis et par ses femmes, les documents épigraphiques et papyrologiques mettent en lumière un empereur soucieux de rendre la justice et dont les décisions tournées vers un pragmatisme lui ont valu le surnom d’empereur des citoyens. Cependant, si le personnage hors du commun a fait couler beaucoup d’encre, les spécialistes ne se sont attardés que très rarement à la province d’Égypte sous son règne, alors que celle-ci est pourtant aux prises avec un important conflit judéo-alexandrin qu’a mis au jour la fameuse Lettre de Claude aux Alexandrins. En lisant celle-ci, nous en apprenons non seulement sur le conflit en question, mais encore sur la citoyenneté alexandrine, le culte impérial et le témoignage direct d’une politique personnelle engagée de l’empereur Claude envers l’Égypte. Ce présent mémoire est divisé en quatre chapitres. Le premier examinera les traits du multiculturalisme égyptien sous la présence romaine. Le deuxième chapitre expliquera la crise qui opposa les Grecs aux Juifs d’Alexandrie et qui fut l’élément déclencheur d’une politique personnelle de Claude. Le troisième chapitre se penchera sur d’autres témoignages du reste de l’Empire pour mieux déterminer le caractère passif ou actif de Claude et évaluer si la Lettre est bel et bien de son initiative personnelle. Enfin, le quatrième chapitre abordera le sujet du culte impérial en Égypte pour s’intéresser au souci de légitimation et d’acceptation de l’empereur par ses sujets égyptiens.

  • Ce mémoire porte sur la continuité des rituels divinatoires païens dans le cadre du culte chrétien en Gaule du IVe au VIe siècle. Il comporte une introduction rapportant notre problématique, notre terminologie, notre méthodologie ainsi que nos sources principales. Par la suite, le développement aborde les rites divinatoires des Sortes Sanctorum, des Sortes Sangallenses et les rites d’incubation dans le culte de Saint Martin de Tours. Pour chacun de ces cas, nous étudions leur provenance, leurs sources, leur déroulement, leur évolution et les similarités qui permettent de faire un lien avec des rituels païens déjà existants. Nous avons vérifié l’existence de cette continuité et déterminé qu’elle passait par plusieurs phénomènes, l’acculturation gauloise des rituels gréco-romains, l’importation de rites christianisés en Orient et l’assimilation des pratiques païennes locales par le culte chrétien pour répondre à une demande de divination par la population.

  • Le mémoire historiographique qui suit a comme sujet principal l’étude de l’évolution des perceptions françaises sur l’implication américaine au Vietnam. Nous nous sommes basés sur l’historiographie de deux périodes distinctes, soit celles des années 1960-1970 et 1990-2000. L’objectif était de voir s’il y a eu une transformation du regard que portent les auteurs sur l’implication américaine et, si oui, quelles en sont les causes. Le travail est construit de façon thématique et se divise en trois chapitres. Le premier aborde le choix et l’ampleur des armes utilisées, le second se penche sur la notion du communisme et de la démocratie, et le dernier traite de la conception de l’impérialisme et du colonialisme. Pour tous les thèmes examinés, nous résumons la perception qui ressort de chacun des auteurs afin de comparer les tendances idéologiques propres aux deux périodes étudiées. Nous conclurons qu’il s’est effectivement produit une importante transformation des perceptions. Cette transformation se traduit par une approche de moins en moins critique envers l’implication américaine au Vietnam. Dans chaque chapitre, nous avons pu soulever des causes de changement propres au sujet abordé. Toutefois, une tendance générale et sous-jacente se dégage et s’avère des plus révélatrices, soit le glissement en France des valeurs politiques et morales de la gauche vers la droite, doublé d’un rapprochement idéologique avec les États-Unis.

  • Le bassin oriental de la Méditerranée à l’âge du bronze égéen est un ensemble hétérogène où s’entremêlent plusieurs cultures : Égyptiens, Hittites, Minoens et Mycéniens se côtoient et interagissent à divers degrés. Un examen méticuleux des sources archéologiques et épigraphiques permet de mettre un peu d’ordre à cette mosaïque chaotique afin de mieux apprécier les interactions entre ces cultures. La culture mycénienne est celle à laquelle s’intéresse particulièrement cette présente étude. Bien que son coeur soit unanimement localisé en Grèce continentale, la culture mycénienne se répand également de l’Italie jusqu’au Levant et de la Thrace à l’Égypte. Selon l’importance et la nature des vestiges, l’archéologie ordonne en trois catégories les régions où se retrouve la culture mycénienne, alors que les sources épigraphiques hittites et égyptiennes permettent de remettre en question la société mycénienne et de localiser les frontières politiques de cette culture.

  • Comment le tourisme s’est-il développé dans un territoire en pleine expansion coloniale ? Comment tourisme et colonisation se sont-ils conjugués ? Quel lien peut-on établir entre ces deux dynamiques ? C’est ce à quoi cette thèse tente de répondre en démontrant l’instrumentalisation du tourisme par les politiques coloniales. Elle se divise en sept chapitres abordant successivement le transfert des pratiques touristiques de l’Europe à l’Indochine, leurs implantations, leurs intégrations aux politiques de mise en valeur des années 1920, les conséquences spatiales de leurs implantations (construction de voies de communication et d’hébergements hôteliers) et la communication instaurée par l’Etat pour promouvoir l’Indochine comme une destination touristique auprès des Indochinois comme des touristes étrangers.

  • In order to standardize the administrative and judicial procedures in a duchy at the heights of its expansion, the duke Amédée VIII of Savoy (1391-1440) adopted in 1430 a set of laws, the « Statutes of Savoy » or Decreta Sabaudiae, which proposed a reform of the State apparatus. But what was the true impact of these Decreta on the exercice of justice in Savoy? This essay seeks to use accounting and fiscal sources from the bailliage of Bresse between 1420 and 1440 in order to determine what were the judicial institutions and practices at the time of the adoption of the Statutes of 1430. A thorough analysis of these new decrees would then establish if they managed to significally change the habits and behavior of the duke’s officiers and subjects. It appears that in the end, the Decreta seeked to correct judicial practices that were neglected over time : the major changes wished by the duke were in fact already established before the adoption of the new Statutes. As for the new penal laws of Amédée VIII, the documentation of Bresse could not prove their concrete enforcement.

  • Publiés en 1838 mais datant pour l’essentiel de la fin du régime français au Canada, Les Mémoires du S... de C..., contenant l’histoire du Canada durant la guerre, et sous le gouvernement anglais sont attribués depuis 1940 à Louis-Léonard Aumasson de Courville (c. 1722-1781), un notaire et écrivain d’origine champenoise ayant vécu en Acadie française et dans la vallée du Saint-Laurent.. Le manuscrit (conservé aux archives du musée McCord de Montréal) à la base de cette publication daterait donc de la fin des années 1750. Peu après la prise de la colonie par les Britanniques, Courville s’est mis à réviser ce texte à l’intention de la nouvelle administration, rédigeant un deuxième manuscrit correspondant, à se fier à l’exemplaire conservé (également aux archives McCord), à une partie seulement du premier. Les deux versions se distinguent de nombre d’autres témoignages de cette période par leur ton incisif et leur touche anticléricale. Le premier chapitre du mémoire s’attache à suivre l’histoire des textes courvilliens : les circonstances de leur rédaction et leur utilisation dans l’historiographie, mais aussi leur étude par Aegidius Fauteux, celui qui percera le mystère entourant la personne qui s’est cachée pendant presque deux siècles derrière le pseudonyme du « S... de C... ». Le deuxième chapitre s’interroge sur les motifs de l’auteur de ces mémoires, s’attachant pour ce faire à suivre son parcours personnel difficile. Enfin, le troisième chapitre est consacré à l’analyse du propos de Courville dans les deux versions de ses Mémoires, véritable réquisitoire contre la corruption du régime français finissant.

  • Cette thèse de doctorat est une biographie politique de Paul Levi, militant marxiste qui a fait carrière en Allemagne durant la période de l’entre-deux-guerres. Dès 1914, Levi incarne un courant radical à l’intérieur du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD). Il dénonce, entre autres, aux côtés de Rosa Luxemburg l’appui du parti à l’effort militaire national. Levi s’inspire également de Lénine qu’il rencontre pour la première fois en Suisse en 1916-1917. Lorsqu’il prend les commandes du Parti communiste d’Allemagne (KPD) en 1919, Levi dirige celui-ci d’une main de fer, selon le concept du « centralisme démocratique ». Il fait également tout en son pouvoir pour faire éclater la révolution ouvrière en Allemagne afin d’installer une dictature du prolétariat qui exclurait toutes les classes non ouvrières du pouvoir. En ce sens, Levi imagine un État socialiste semblable à celui fondé par Lénine en Russie en 1917. Contrairement à l’historiographie traditionnelle, notre thèse montre conséquemment que Levi n’était guère un « socialiste démocrate ». Il était plutôt un militant marxiste qui, par son radicalisme, a contribué à diviser le mouvement ouvrier allemand ce qui, en revanche, a fragilisé la république de Weimar. Cette thèse fait également ressortir le caractère résolument rebelle de Paul Levi. Partout où il passe, Levi dénonce les politiques bourgeoises des partis non-ouvriers, mais aussi celles de la majorité des organisations dont il fait partie, c’est-à-dire les partis ouvriers de la république de Weimar et le Reichstag. Son tempérament impulsif fait de lui un homme politique isolé qui, d’ailleurs, se fait de nombreux ennemis. En 1921, à titre d’exemple, il se brouille avec d’importants bolcheviques, ce qui met fin à sa carrière au sein du KPD. Les communistes voient désormais en lui un ennemi de la classe ouvrière et mènent contre lui de nombreuses campagnes diffamatoires. Levi, de son côté, dénonce ouvertement la terreur stalinienne qui, selon lui, est en train de contaminer le mouvement communiste européen. Notre travail montre également que Levi, cette fois en tant qu’avocat juif, lutte corps et âme contre les nazis. En 1926, dans le cadre d’une commission d’enquête publique du Reichstag chargée de faire la lumière sur des meurtres politiques commis en Bavière, il tente par tous les moyens d’inculper certains criminels nazis. Levi est conséquemment la cible de la presse antisémite allemande. Il refuse toutefois de céder à l’intimidation et choisit plutôt de poursuivre en justice quelques-uns des plus importants membres du Parti nazi, dont Alfred Rosenberg et Hitler lui-même, en plus de forcer de nombreux autres nazis à comparaître devant la commission d’enquête du Reichstag. Bref, si ce travail se veut critique envers la pensée révolutionnaire de Levi, il souligne aussi l’intégrité politique de cet homme dont les convictions sont demeurées inébranlables face aux dérives criminelles des extrêmes idéologiques de son époque.

  • Relics are items linked to the saints, or to the Christ. Relics carry spiritual power, called virtus, source of miracles. Since the Antiquity, and especially since the Middle Age, relics played an essential part in the life of christian societies. The fact remains that the medieval theologians seemed to have reserved, for the cult of relics, a small part of their writings, as to be regarded by historians as having been presenting "a theoretical elaboration inversely proportional to its significance " and did not elicit any debate. This thesis thus proposes to study, through the various accounts left on the cult of relics, the ancient and medieval, what were the views, beliefs and controversies around the cult of relics. The hypothesis is therefore proposed that a "problem of the relics" existed, throughout the Middle Age, intimately linked to developments in the cult of saints and ideas on the Eucharist. A shift occurs during the Middle Ages, from a criticism, considered heretical, of the cult itself, to a denial of abuse and vagueness of this cult in the name of orthodoxy. These persistent speeches, if not a debate, about the validity and the mystical mechanisms and abuse of such a cult, would be well crystallized in the twelfth century, reflected in many contemporary writers, such as Thiofrid Echternach and especially Guibert of Nogent, stressing the need for theoretical development and codification of these practices.

  • Septimius Severus reigned from 193 to 211 A.D., between the Golden Age of the Antonine dynasty and the third century crisis of the Roman Empire. He was saluted emperor by his legions of Upper Pannonia but was compelled to fight two civil wars to retain power. From this, and his African origin, it could be interpreted that the imperial rule of Severus was the genesis of the evolution from the Principate to the Dominate, expressed through his imperial ideology. This Master’s thesis examines how an emperor of African origin adhered to the iconographic traditions inaugurated under the reign of Augustus, and establishes the degree and nature of his ideological innovations. Founded on literary, epigraphic and iconographical sources, this research will demonstrate that the ideology of Severus was part of the continued evolution of the Romans’ perception of imperial power.

  • This thesis develops our knowledge of the history of children with physical disabilities in Quebec by analyzing the representations and services offered to this clientele between 1920 and 1990. Camped in the current critical studies on disability, it aims to integrate disability at the heart of the demonstration by postulating the social construction of this category of analysis. Addressing a largely unexplored theme in historiography, it enriches the history of childhood in Quebec, as well as that of education, assistance and health. It is based in part on the model developed by Marie-Claire Cagnolo around the “logics” that have governed the treatment of people with disabilities. This study also relies on a variety of sources, from philanthropic association archives to official documents and government reports. Some silences in history have also been partially filled by interviews with witnesses. The main hypothesis underlying this thesis is that the place of children with disabilities in the province is determined by a double tension, on one hand between the antagonistic logic of exclusion and integration, and on the other hand between medical sphere and the socio-educational sphere that determine the organization and prioritization of the services offered to this clientele. The demonstration is structured into six thematic chapters: after a methodological description, chapter two looks at the main actors (philanthropists and governments) with this clientele, chapter three addresses the discourses on young people with disabilities, while the subsequent chapters look at paramedical, educational and finally recreational services for them. The first services intended specifically for children with physical disabilities in Quebec have been implemented at the turn of the 1920s by women of the bourgeoisie who justified this incursion into the public sphere in the name of maternalism. These philanthropists participate in the movement to defend the rights of “crippled” children on the international scene during the inter-war period. The idea of a hegemonic medical hold in the care of young disabled people, often defended by researchers, is relativized by the predominant role of volunteers and their socio-political engagement, at least until the 1940s. Three figures emerge from the discursive analysis: the angelic victim, the rehabilitated child-citizen and the monster. The vulnerable “cripple” is part of a paternalistic approach of assistance, which makes the disabled person an object of compassion to arouse the charity of the public. The figure of the useful citizen calls for a logic of reparation and rehabilitation, which provides compensation for the members of the society that are not growing with the same chances as the others. As for the monster, it symbolizes the reaction of communities driven by fear and rejection responding to a logic of elimination or exclusion. These various logics are also evident in the care of children with disabilities in Quebec, both in terms of the organization of care and in the development of educational or recreational services. The logic of assistance, based on a combination of public and private support and the need to protect children, emerged in the response to polio epidemics from the 1930s to the 1960s, as well as in the operation of special schools or adapted camps. The tragedy of thalidomide marks a turning point in the early 1960s as the federal government’s blatant responsibility leads to the organization and funding of a rehabilitation program, according to a logic of reparation. However, this compensation is addressed to a well-defined category of citizens who have been wronged by state negligence and does not include all children with disabilities. Only a paradigm shift, transforming disability into a collective problem, and no longer individual, will allow the transition from a logic of reparation to that of participation and inclusion. This transition took place between 1970 and 1990, when the government of Quebec guaranteed the services offered, according to a societal logic based on social inclusion and the recognition of young people with disabilities as subjects of rights. These gains remain however fragile, at risk of falling into mechanisms of exclusion. Far from constituting a linear path leading from stigmatization to full recognition of rights in an inexorable progression, the past of children with disabilities is marked by ups and downs, sudden advances followed by regressions. The pejorative representations of children with disabilities, ranging from degenerate to monster, coexist with more positive images such as the future citizen or the subject of rights, just as the different logics of integration and exclusion coexist throughout history, a duality that still continues today.

  • Lors d’Expo 67, l'événement phare des célébrations du centenaire de la Confédération canadienne, trois différents sites exposant plusieurs aspects des héritages du colonialisme ont été inaugurés. Premier site à l'étude, le Pavillon des Indiens du Canada débordait des messages autochtones anticoloniaux, du vol des territoires aux critiques des pensionnats. Pourtant, le Pavillon du Canada, le deuxième site de l’étude, présentait un discours colonial qui incluait des représentations canadiennes et autochtones au sein d’un discours d’humanisme mondial. Au Pavillon Canadien, les représentations des peuples autochtones ont été utilisées en juxtaposition avec celles d’une société de colons présentée comme supérieure et mieux développée. Le troisième site à l’étude, l'auditorium Du Pont du Canada, a accueilli, lors des conférences Noranda et des Conférences internationales Maclean-Hunter, une cohorte internationale de délégués provenant d’une intelligentsia active à l’échelle mondiale. Les deux séries de conférences présentaient des discours néocoloniaux sur la meilleure façon de réorganiser les sociétés, les peuples et les cultures locales, nationales et internationales. Sur ces sites, les arguments coloniaux et néocoloniaux sur le « développement » s’opposaient à la rhétorique anticoloniale du pavillon des Indiens du Canada et des conférenciers tels que Karl Myrdal et Gabriel-Marie D'Arboussier. L’analyse de ces trois sites à travers le prisme dichotomique colonial/anticolonial démontre qu’Expo 67 était un lieu de discours localisé de l'humanisme colonial et du développementalisme. Les pavillons et les intervenants ont intégré leur propre perception du colonialisme et du développement à un éventail plus large de discours interconnectés sur la valeur des êtres humains.

  • Constantine, with his seize of power in the early fourth century, has allowed the growth of a new form of devotion dedicated to the men and women tormented because of their beliefs in Christ and his Holy Father. Thereby, Lawrence, persecuted in 258 A.D. in Rome, has become the main figure of martyrdom in the Eternal City during the following century. This master's thesis aims at comprehending how the cult of Lawrence's unfolded and why it became the predominant martyr cult in the Roman capital. By studying literary and epigraphic sources, especially Damasus, Ambrose, Augustine and Prudence, as well as the archaeological data on the construction of the churches dedicated to Lawrence, we came to the conclusion that the Roman martyr helped establish a Christian collective memory corresponding to the identity needs of the Urbs in this period characterized by the passage of a "pagan" empire to a Christian empire. This creation of a collective memory is based on the sacralisation of the roman territory by the emperor Constantine and the roman bishop Damasus, on the introduction of new rituals and on the instrumentation of Lawrence and the cult of the saints by the ancient writers in their elaboration of a Christian identity for the city of Rome.

  • La perception du Second Empire français a longtemps été sujette à controverse dans l’historiographie française. Alors que le régime a été synonyme de honte nationale pendant plusieurs décennies, l’historiographie en a tracé un portrait peu flatteur qui a tardé à évoluer. Cette interprétation négative dure jusqu’aux années 1930-1940, à partir desquelles les historiens remettent en question les idées reçues sur le régime et le perçoivent positivement. En effectuant une critique externe et interne d’ouvrages publiés par des auteurs français sur le Second Empire depuis 1870, le présent mémoire vise à identifier les facteurs qui expliquent la lente transformation de la perception du régime et de l’Empereur. La critique externe démontre que les auteurs, le contexte historique et la discipline historique ont joué un rôle dans cette perception. L’analyse interne de la politique socio-économique, intérieure et extérieure du régime, ainsi que de la personnalité de l’Empereur, démontre que d’autres facteurs, comme l’utilisation de sources et la façon d’aborder le sujet, ont eu un impact sur l’évaluation de Napoléon III et du Second Empire.

  • Au XIXe siècle émerge une criminologie naturalisante qui définit l’empoisonnement comme un crime féminin. L’étude proposée explore le lien qui s’établit entre le sexe de la personne criminelle, son genre et le moyen de perpétration de son acte meurtrier par l’analyse des procès pour empoisonnement répertoriés au Québec pour la période allant de 1867 à 1900. Comparant les procès d’empoisonneurs aux procès d’empoisonneuses, confrontant les acteurs historiques à leurs situations vécues, la recherche parcourt les manifestations du genre dans les méthodes criminelles employées par les accusé-e-s ainsi que dans les discours produits à leur endroit tout au long du processus judiciaire. Les résultats sont révélateurs des normes sexuelles en vigueur dans la société québécoise à la fin de l’époque victorienne et s’insèrent dans la lignée des études sur la régulation sociale au Québec.

  • Lorsque la guerre européenne éclate en août 1914, les États-Unis adoptent officiellement une position de stricte neutralité. Le pays n’en est pas moins tiraillé de l’intérieur pour autant. Au cours des quelque deux années et demi de neutralité, plusieurs moments forts et thématiques ont redéfini le rapport des États-Unis à la guerre européenne, jusqu’à justifier l’entrée en guerre en avril 1917, et propulsant par le fait même le pays à l’avant de la scène internationale. Cependant, les analyses relatives à la couverture de la guerre par la presse américaine pendant cette période sont pratiquement inexistantes. En se penchant sur les articles en une et les éditoriaux du quotidien The New York Times, il est possible de suivre l’évolution des thématiques liées au conflit et de comparer certains évènements que l’historiographie a ciblés comme étant à l’origine de l’entrée en guerre. Le but est de voir comment le NYT présente le conflit européen, de quelles façons le journal cherche à influencer son lectorat et, surtout, comment il « voit » peu à peu le conflit s’immiscer dans la vie des Américains. Certains thèmes comme le mouvement du preparedness et le traitement de la communauté germano-américaine nous renseignent sur les changements de perception qui s’opèrent dans la couverture du NYT. L’historiographie classique présente le torpillage du paquebot Lusitania le 7 mai 1915 comme le point à l’origine de la rupture officieuse de la neutralité américaine, au profit d’un sentiment proallié. Notre analyse tend à nuancer fortement cette affirmation. D’autres moments-clés et thématiques présentées dans le NYT ont eu plus d’impact sur la neutralité américaine. Nos résultats de recherche questionnent en fait la nature et la temporalité de la « neutralité » américaine. Est-ce réellement, comme le souhaitait au départ le président américain Wilson une « neutralité bienveillante », ou de la poudre aux yeux?

  • La fête nationale française, décrétée en 1880, vise à consolider l’adhésion à la Troisième République, régime né dix ans auparavant et toujours en déficit de légitimité. Malgré les efforts du gouvernement pour rejoindre les Français de toutes allégeances, des discordes idéologiques persistent et la fête nationale du 14-Juillet ne parvient pas à faire l'unanimité. Telle est la situation sociale et politique de la France à l’aube de la Grande Guerre. Alors que se multiplient les batailles et les pertes militaires, la conviction d'une guerre courte fait place à la réalité d'une guerre aussi destructrice qu’interminable. Les 14-Juillet de ces années-là démontrent la nécessité d'adapter les célébrations nationales à la réalité de la guerre totale et des besoins qu'elle engendre. Parallèlement, le deuil et la souffrance de la guerre ravivent les oppositions sociales et politiques d'avant-guerre, remettant en question les capacités du gouvernement à faire face à la situation, menaçant tant l'Union Sacrée que la République. L'entrée en guerre des États-Unis, en avril 1917, offre l'occasion à quelques hommes politiques prévoyants de rétablir la cohésion sociale autour des valeurs républicaines. En 1917, puis en 1918, le gouvernement mise sur l'union des fêtes nationales républicaines française et américaine pour ranimer l'espoir, le courage et le patriotisme de tous les Français. Au-delà de l'hommage rendu à un allié que l'on espérait plus, l'union des deux fêtes devient le symbole de la solidarité et de la fraternité qui unit les deux Républiques-sœurs, et réaffirme la force et la légitimité du régime français en place. Le 14-Juillet, emblème du parcours social et politique français, connaît donc, à l’occasion de la Grande Guerre, une mutation, une redéfinition de sens. À l'image de la France, « moderne », le 14-Juillet tel que développé lors du conflit, ne cesse de s'adapter aux besoins et à l'image d'une société en constante évolution.

  • Le 27 mai 1406, le théologien parisien Pierre Plaoul comparaît devant la cour du Parlement de Paris en tant que représentant de l’Université de Paris dans une affaire qui l’oppose à l’Université de Toulouse. Il y prononce un sermon en latin, ce que la cour lui reproche instantanément, lui demandant de parler en français pour la prochaine séance. Le 7 juin, lors de sa deuxième comparution, il parle cette fois en langue vernaculaire et prononce un discours extrêmement différent du premier, autant dans son genre que dans son registre de citations. Les deux discours sont conservés dans le registre X1a4787 des Archives nationales de France. L’édition des discours permet de comprendre le raisonnement derrière leurs différences, mais il permet surtout de constater que le discours français fait état d’une érudition encore plus grande que son homologue latin et que son orateur n’était nullement gêné par l’usage de la langue vernaculaire. Remis dans le contexte historiographique actuel, il en ressort que l’utilisation du français par Plaoul concorde parfaitement avec l’abandon du modèle de rapport diglossique entre latin et français pour la fin du Moyen Âge, lui préférant plutôt un rapport de langues en contacts. Ce postulat est soutenu par les nombreuses occurrences d’universitaires médiévaux démontrant une excellente maîtrise d’un registre savant de la langue vulgaire, des poètes, aux prédicateurs en passant par les practiciens du droit. Un examen plus attentif de l’utilisation de la langue française par les docteurs en théologie du règne de Charles VI vient aussi appuyer l’hypothèse selon laquelle les universitaires du bas Moyen Âge considéraient la langue vernaculaire comme un instrument approprié à la transmission de la culture savante.

Dernière mise à jour depuis la base de données : 16/02/2026 05:00 (EST)

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