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La Deuxième Guerre mondiale constitue un moment névralgique pour les universités québécoises. Perçues par le gouvernement et les forces armées comme une importante source de main-d’oeuvre qualifiée, elles ne peuvent échapper au conflit et doivent placer leurs ressources au service de la lutte armée : elles imposent l’entrainement militaire à leurs étudiants, forment des techniciens pour les forces armées, contribuent à la recherche militaire, accélèrent certains programmes jugés « essentiels » et purgent les programmes « non essentiels ». Cette étroite collaboration entre les universités et le gouvernement canadien transforme durablement le système d’éducation supérieure. Afin d’explorer cette dynamique, notre étude propose une analyse conjointe des journaux, publications institutionnelles et fonds d’archives produits par les universités québécoises actives durant cette période : McGill, l’Université de Montréal, l’Université Laval et Bishop’s. D’un point de vue institutionnel, la guerre confirme l’épuisement du modèle universitaire humaniste et théologique au profit d’une approche fondamentalement utilitariste. Cette réorientation se traduit par la rapide croissance des programmes de sciences appliquées, biomédicales et naturelles au détriment des sciences humaines. Le conflit stimule également l’expansion des campus. En dépit du départ des hommes pour le front et de l’imposition d’importantes restrictions relatives aux programmes « non essentiels », l’enrôlement étudiant croît pendant le conflit et connait un essor important durant l’après-guerre. Motivée par une variété de facteurs (protection des étudiants contre la conscription, réintégration des anciens combattants, retour de la prospérité économique, etc.), cette trajectoire démographique favorable voit un nombre sans précédent d’hommes et de femmes rejoindre les rangs de la communauté universitaire. Incapables d’accueillir ces nouveaux étudiants et étudiantes dans leurs anciens bâtiments et locaux, les universités québécoises mettent sur pied d’ambitieux programmes de construction par le truchement desquels ils accroissent durablement leur capacité d’accueil et modernisent leurs installations. Or, ces grands chantiers exposent au grand jour les limites du modèle de financement privé. Soumis à une importante pression étatique et sociale, les étudiants doivent ajuster leurs ambitions en fonction de la lutte armée. Face à ces défis, les étudiants canadiens-anglais et canadiens-français offrent deux réponses fondamentalement incompatibles. Les premiers se rangent derrière l’État et développent diverses initiatives patriotiques afin d’exprimer publiquement leur soutien de l’effort de guerre. Les seconds rejettent toute participation du Canada à une guerre extraterritoriale et organisent une campagne anticonscriptionniste. Incapable d’harmoniser ces positions, la communauté étudiante se divise sur son axe ethnolinguistique durant l’année 1939-40. Cependant, la conclusion du conflit à l’automne 1945 revitalise le mouvement étudiant canadien et ouvre la porte à une coopération accrue entre les campus anglophones et francophones. Craignant ouvertement le déclenchement d’un troisième conflit mondial, les étudiants renouvellent leurs convictions pacifistes et internationalistes, mettent de côté leurs différends et travaillent collectivement à l’établissement d’une paix durable.
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Cette étude s’intéresse à la gestion de l’eau en Égypte durant la période gréco-romaine. Elle explore à la fois les moyens mis en oeuvre pour capter, stocker, distribuer et utiliser cette ressource vitale, et les représentations culturelles, religieuses et symboliques qui lui sont associées. L’analyse repose sur une documentation archéologique, épigraphique et textuelle variée, ainsi que sur des comparaisons régionales, notamment avec la Syrie-Palestine. Le premier chapitre fournit des détails géologiques et géographiques qui expliquent la nature des sources d’eau en Égypte. Le Nil reste incontestablement la principale source d’eau, structurant l’économie, l’organisation sociale et le paysage égyptien. À côté du fleuve, les eaux souterraines et les eaux de pluie jouent également un rôle non négligeable, notamment dans les régions désertiques ou côtières. L’exploitation des sources d’eau repose sur un savoir-faire ancien, hérité de l’époque pharaonique, enrichi de techniques importées du monde grec et romain. L’usage des chadoufs, puis des roues à eau (sawâqî), illustre l’évolution de ces dispositifs hydrauliques. Le deuxième chapitre commence par présenter les traces archéologiques des nilomètres, répartis le long du Nil du sud au nord. Cet instrument, dont l’origine remonte à l’époque de l’Égypte ancienne, demeurait un outil de première importance à l’époque gréco-romaine. Le chadouf fut d’abord l’appareil le plus répandu, avant d’être progressivement remplacé par la roue à eau, dont l’usage s’est poursuivi jusqu’à l’époque moderne. Si la vis d’Archimède et la pompe à pistons sont connues théoriquement, leur emploi semble rester marginal, voire inexistant en Égypte. Le troisième chapitre traite des techniques de stockage et de récupération de l’eau dans ces villes éloignées de la vallée du Nil. Il est vraisemblable de conclure que les oasis ont connu, durant l’époque gréco-romaine, une évolution du système des galeries souterraines (qanawât) déjà présent en Égypte depuis l’invasion perse. Des exemples remarquables se trouvent à ‘Ain Manâwir et à ‘Ain al-Labkha, dans l’oasis d’al-Khârga. Les routes commerciales étaient dotées de stations d’eau dès l’époque grecque. Sous les Romains, des forteresses furent construites autour de puits pour sécuriser les routes et les sources d’eau. Ces forteresses étaient si bien approvisionnées qu’elles comportaient parfois des bains. Les mines et les carrières s’approvisionnaient généralement grâce aux puits situés à proximité. 4 La première partie du quatrième chapitre est consacrée à l’étude de l’approvisionnement en eau dans les villes de la côte méditerranéenne, Alexandrie en tête. Cette ville possédait, lors de sa fondation, un système hydraulique unifié, mais au fil des années des systèmes propres à chaque quartier étaient entrepris. Certains quartiers étaient desservis par un réseau de galeries souterraines, tandis que d’autres étaient dotés de citernes. Dans les banlieues d’Alexandrie, comme les anciennes villes de Marina al-ʿAlamain et de Marsa Matrûḥ, l’eau de pluie constituait souvent la principale source d’adduction. La deuxième partie du chapitre examine l’approvisionnement en eau dans les villages situés en bordure du Nil. Dans ces localités, le fleuve jouait un rôle central. Toutefois, des puits étaient parfois creusés. Le cinquième chapitre présente des exemples de systèmes hydrauliques utilisés dans la région de la Syrie-Palestine durant l’époque gréco-romaine. Les caractéristiques topographiques de la région déterminaient le type de système hydraulique mis en oeuvre à travers les différentes époques. Dans les régions arides, les moyens d’approvisionnement variaient entre les citernes recueillant l’eau de pluie, les galeries exploitant les eaux souterraines, et les aqueducs transportant l’eau depuis une source éloignée. En revanche, dans les zones proches des fleuves, les moyens de puisement suffisaient généralement à couvrir les besoins quotidiens. Le dernier chapitre traite des usages de l’eau touchant tous les aspects de la vie quotidienne : hygiène, alimentation, artisanat, agriculture, médecine, et bien sûr, religion. L’eau servait à boire, cuisiner, nettoyer les habitations, soigner et se purifier. L’hygiène revêtait une double dimension, à la fois corporelle et rituelle. La frontière entre purification physique et purification religieuse était souvent floue. L’eau occupait aussi une place centrale dans les sanctuaires, où elle servait à irriguer les jardins sacrés. Dans la sphère funéraire, l’eau apparaît à la fois dans l’iconographie et dans les aménagements réels. Des citernes, des rigoles et des espaces cultivés ont été identifiés dans des hypogées à Mustapha Kamil, Chatby, et Marina al-ʿAlamain. Ainsi, l’étude de l’eau en Égypte gréco-romaine révèle non seulement un savoir-faire ou une technique développée, mais aussi un fort symbole culturel. L’eau est partout : dans les gestes du quotidien, dans les croyances, dans les paysages urbains et funéraires, et dans les relations entre les hommes et les dieux. Cette approche permet de compléter l’histoire de l’eau en Égypte ancienne, tout en soulignant la continuité et les innovations propres à la période gréco-romaine.
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Cette thèse est une étude d’histoire environnementale des milieux urbains de Montréal, Toulouse, Marseille et Toronto entre les années 1910 et 1980. La période couverte a été choisie car correspondant à deux temps d’augmentation des parcs automobiles canadiens et français : les années d’entre-deux-guerres et les Trente Glorieuses. L’objet central de ce travail sont les interactions entre les sociétés des quatre villes étudiées et les nuisances générées par la présence automobile au sein des quartiers centraux et anciens. Plus précisément, l’analyse a porté sur l’appréhension de ces différents phénomènes par les sociétés des quatre villes, c’est-à-dire la façon dont ils ont été décrits, dénoncés, perçus, par les populations, mais aussi gérés par les administrations. Le travail a par ailleurs été concentré sur les échelles locales, et les administrations publiques municipales dans une optique d’analyse par le bas. L’intervention des niveaux de gouvernement supérieurs (États, provinces, régions) n’a été abordée que de façon ponctuelle, lorsqu’elle était pertinente pour expliquer des situations locales. Enfin cette étude a également été menée dans une optique de comparaison internationale. En tant qu’étude d’histoire environnementale, on s’est attaché à travailler sur la mutation matérielle et physique des environnements urbains. Les mutations couvertes sont autant celles provoquées par la multiplication des nuisances elles-mêmes que celles entrainées par l’adaptation des milieux urbains à la présence automobile. Le travail de comparaison engagé ici permet également de saisir l’importance des échanges internationaux au sujet des nuisances automobiles pendant la période couverte. L’histoire de leur appréhension par les sociétés s’est révélé être une histoire connectée. Enfin, on tâche de mettre en lumière toute l’ambivalence du rapport des sociétés étudiées à la présence automobile tout au long de la période couverte. Sans qu’elles aient suffit à générer un rejet de la présence automobile en ville, les nuisances ont été centrales dans l’histoire de la motorisation des espaces centraux et anciens des villes occidentales.
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Cette thèse a pour ambition de présenter une « archéologie » de la culture biblique vernaculaire en Italie de la fin du Moyen Âge à la première moitié du XVIIe siècle. Nous nous intéressons, dans une perspective d’histoire de la dissidence religieuse, mais surtout de la « religion vécue », aux formes d’accès, à l’interprétation et aux pratiques des textes sacrés. Nous tentons de retracer les continuités et les transformations dans les habitudes de consommation des textes bibliques, ainsi que dans les pratiques et croyances qui en découlaient. Pour ce faire, nous nous focalisons sur l’expérience des laïc/ques, de toutes conditions sociales et de toutes compétences intellectuelles, en tenant compte à la fois des prescriptions et condamnations de l’Église et de la production éditoriale. La première partie porte sur la « pratique ordinaire » des Écritures à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance. Elle explore les multiples manifestations textuelles, orales et visuelles des textes sacrés et les diverses formes d’engagement des fidèles avec les contenus scripturaires, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du modèle de piété promu par l’Église. La seconde partie traite des facteurs religieux et intellectuels qui ont contribué à faire de la lecture des textes sacrés en vernaculaire une pratique dissidente au XVIe siècle, entraînant leur condamnation. La troisième partie examine les conséquences de l’Index Clémentin de 1596 sur l’accès des gens du commun aux Saintes Écritures en vernaculaire au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Elle analyse également les stratégies de contournement de la norme ecclésiastique adoptées par les lecteur/ices.
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Professeur.e.s honoraires et émérites
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