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Catégories transhistoriques, barbarie et sauvagerie s’inscrivent dans l’histoire des nombreux visages d’une altérité lointaine ou toute proche, mais aussi dans une histoire propre au 18e siècle au sein de laquelle les découpes traditionnelles entre « nous » et « les autres » s’émoussent. Dans des territoires où des Européens qu’on dit « ensauvagés » côtoient les populations autochtones, et en un siècle où barbarie et sauvagerie servent de caution légitimante des aspirations de l’aristocratie anti-absolutiste, elles peuvent aussi être porteuses d’une énergie régénératrice des arts et des lettres. Le tournant révolutionnaire rebat les cartes, y compris celles de la barbarie et de la sauvagerie, termes entre lesquels pourtant jusque là on faisait des différences. Et l’opinion devenant la reine du monde, qui saura s’emparer des deux catégories, d’abord ambiguës, ensuite stigmatisantes ? En enchevêtrant finalement barbarie et sauvagerie, le siècle se termine dans une confusion lourde de conséquences pour le 19e siècle.
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Cet article en deux parties révèle certains biais de notre roman national concernant le rôle des relations franco-autochtones dans l’implantation et l’ascension sociale des colons français. Il s’agit ici d’interroger ce dont témoigne historiquement la présence autochtone dans et autour de mon arbre généalogique, c’est-à-dire mon roman familial. Ainsi quand je remonte les lignées féminines, les relations d’intimité avec les Autochtones apparaissent clairement dans les mariages, les cousinages, les amitiés et … l’exploitation impérialiste et esclavagiste. Dans cette première partie, le cas des aïeules autochtones permet de revisiter ce que l’on sait du dessein impérial français de « ne faire qu’un seul peuple », en mettant en lumière, d’une part, le projet de francisation des Autochtones et, d’autre part, l’ensauvagement des Français, tant décrié par les autorités civiles et religieuses françaises du xviie et xviiie siècles.
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Les archives judiciaires, notariales et paroissiales révèlent l’ampleur et la pérennité de l’esclavage infantile en Nouvelle-France. En témoignent les traces de vies d’enfants esclaves, en majorité autochtones, qui apparaissent constamment au fil des documents du xvie au xviiie siècle. Comment expliquer cet attrait quasi pédophile pour des esclaves âgés de moins de 12 ans ? À quoi les maîtres peuvent-ils bien employer des esclaves si jeunes ? Qui les « gère » au quotidien ? Quelles sont la place et les fonctions de ces jeunes asservis dans les familles esclavagistes ? Et enfin, comment cette violence répétée de l’asservissement des enfants a-t-elle été justifiée ? Par toutes ces questions qu’il soulève, ce véritable angle mort de la recherche qu’est l’esclavage infantile, éclaire d’une lumière crue, d’une part, les rapports de pouvoir à l’oeuvre dans la société coloniale et patriarcale, dont les fondements hiérarchiques sont irradiés par un faisceau de servitudes et, d’autre part, l’histoire socio-économique de la Nouvelle- France, sachant que, sous le Régime français, la majorité des foyers, qui aujourd’hui posséderait sa voiture, possédait au moins un ou une esclave.
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Sans les femmes autochtones et allochtones, libres et esclaves, il n’y a pas de Nouvelle-France. Cette étude s’intéresse aux rôles et pouvoirs des femmes des Premières Nations, puis à ceux des Françaises, dans la survenue et l’installation réussies des colons français et dans le développement colonial. Les réseaux familiaux des femmes, les tâches qui leur sont dévolues, leur autonomie de facto en l’absence masculine témoignent de l’exercice des pouvoirs féminins, reconnus par la société qui s’accommode très pragmatiquement des prescriptions hiérarchiques et patriarcales imposées par les autorités civiles et religieuses. Dans la colonie, la majorité des Françaises et Euro-descendantes sont constamment en rapport avec les femmes et filles des Premières Nations. S’instaurent ainsi au fil du temps, à travers les rapports de pouvoir inter et intra-sexes et les hiérarchies socio-économiques, des relations féminines interethniques, à proprement parler internationales, qui montrent combien tissés serrés sont les mondes coloniaux féminins, autochtone et allochtone.
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- Angers, Denise (1)
- Dickinson, John A. (1)