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Au Xe siècle, le Royaume germanique connaît, sous la dynastie des Ottoniens, d’importantes transformations politiques et religieuses. La continuité par rapport aux traditions impériales antérieures, notamment l’Empire carolingien, est un enjeu au cœur de ces transformations. En 962, le royaume devient en effet Empire par le couronnement impérial d’Otton Ier. Dès les années 30 du Xe siècle, l’intégration de la Lotharingie donnait une réalité territoriale au lien idéologique entre l’Empire carolingien et l’Empire en construction des Ottoniens. En tant que lieu de mémoire important des temps carolingiens, la ville et le diocèse de Metz s’imposent alors comme contexte de réflexion sur ces logiques de continuité, animée surtout par les évêques messins en tant qu’acteurs politiques de premier ordre de leur temps, tout particulièrement des figures épiscopales comme Adalbéron Ier, Thierry Ier et Adalbéron II. Ce mémoire propose une analyse d’un produit majeur de cette dynamique de réflexion sur les liens entre le passé carolingien et le présent ottonien : la Vie de Chrodegang de Metz, évêque réformateur du VIIIe siècle et acteur majeur des débuts de la dynastie carolingienne. L’analyse souhaite avant tout comprendre comment l’hagiographe exploite la mémoire de Chrodegang pour donner un sens à des enjeux politiques et religieux de la deuxième moitié du Xe siècle, aussi bien dans le cadre du diocèse de Metz que celui de l’Empire ottonien : le rôle des évêques dans le système de l’Église impériale, les réformes monastiques, les rapports entre l’Empereur et le pape ou encore le culte des reliques.
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Cette recherche porte sur les représentations dans le magazine Châtelaine de 1960 à 1975 dans le but d’analyser les standards corporels et sexuels présentés aux femmes par le biais du magazine. Créé en 1960, Châtelaine s’inscrit dans la période charnière de la Révolution tranquille au Québec, qui est marquée par plusieurs changements sociaux, dont la résurgence des mouvements féministes qui remettent en question la place des femmes dans la société. Parmi leurs revendications, les féministes réclament un contrôle total des femmes sur leurs corps, ce qui influence les images féminines proposées par le magazine. Notre recherche identifie les standards corporels présents dans la revue concernant le poids, l’âge, le maquillage, la coiffure, les vêtements, l’odeur et la pilosité. Elle met aussi en lumière les standards sexuels concernant les menstruations, les odeurs vaginales, les buts de la sexualité, l’agentivité sexuelle des femmes, la contraception, l’âge et les orgasmes. Y avait-il aussi présence de diversité? De contestations et de remises en question des standards? C’est à ces questions que répond la présente recherche. Pour ce faire, un échantillon de quatre exemplaires du magazine par année est étudié sur toute la période à partir d’une analyse de contenu détaillée des images, des publicités, des articles et des œuvres littéraires. L’analyse du contenu révèle l’omniprésence des standards corporels durant la période étudiée, alors que la jeunesse et la minceur sont les thématiques les plus traitées. Les standards sexuels, directement liés à l’actualité sociale, évoluent en passant d’une sexualité procréative dans le cadre du mariage à une plus grande liberté sexuelle misant sur l’agentivité, la puissance et le plaisir féminin. Les numéros étudiés du magazine présentent peu de diversité corporelle, phénotypique, sexuelle et sociale : les publicités diffusent un discours constant lié aux standards, alors que les articles agissent comme principal vecteur des rares ouvertures à la diversité et des remises en question. Ce mémoire, en plus de couvrir un silence historiographique lié aux représentations corporelles et visuelles des femmes dans les médias féminins canadiens des années 1960 et 1970, suscite une réflexion sur les médias avant l’arrivée du Web comme lieu de contrôle des corps féminins.
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Ce mémoire de maîtrise se penche sur la figure de Jacques Rousseau (1905-1970), un chercheur prolifique dont la longue carrière transdisciplinaire l'a mené de la botanique à l’ethnohistoire. Bien qu’il ait été, de son vivant, une personnalité publique et un scientifique de renom, son œuvre autochtoniste est en grande partie tombée dans l'oubli historiographique. Cette recherche vise ainsi à questionner sa place dans la généalogie de l’ethnohistoire et à analyser la nature singulière de son travail. Le parcours de Rousseau, qu'il soit institutionnel ou personnel, a été déterminant dans l'évolution de ses recherches. De son rôle de bras droit du frère Marie-Victorin, au Laboratoire et au Jardin botanique de Montréal, à ses postes prestigieux de professeur invité à la Sorbonne et de chercheur au Centre d’études nordiques de l’Université Laval, ses nombreuses explorations dans le Nord-du-Québec ont agi comme un véritable moteur de sa production intellectuelle. C’est à travers ses contacts directs et répétés avec les peuples autochtones — notamment ses guides innus, mais aussi les Naskapis et les Abénaquis — que son intérêt pour leurs modes de vie, leurs histoires et leurs cultures a progressivement évolué. La thèse centrale de ce mémoire est que l’œuvre de Jacques Rousseau mérite une réévaluation. Elle constitue une approche de l'ethnohistoire tout à fait singulière, ancrée dans une démarche pragmatique et un engagement sur le terrain. L’étude de son travail d’intellectuel polymathe permettra de décortiquer la manière dont il a su mobiliser sa notoriété pour rendre l’histoire autochtone plus accessible au grand public. Elle mettra également en lumière la profonde évolution de sa pensée, qui est passée d'une vision initiale d'intégration coloniale à une critique explicite des politiques du colonialisme interne de son époque.
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Corps professoral
Professeur.e.s honoraires et émérites
- Angers, Denise (1)
- Baillargeon, Denyse (1)
- Lusignan, Serge (2)
Chargé.e.s de cours
- Bellavance, Eric (1)
- Lake-Giguère, Danny (1)
- Lapalme, Alexandre (1)
- Paulin, Catherine (1)
- Poirier, Adrien (1)