Les universités québécoises et la Deuxième Guerre mondiale : collaboration, mobilisation et transformations
Type de ressource
Thèse
Auteurs/contributeurs
- Walling, Jeremy (Auteur)
- Bouchard, Carl (Auteur)
Titre
Les universités québécoises et la Deuxième Guerre mondiale : collaboration, mobilisation et transformations
Résumé
La Deuxième Guerre mondiale constitue un moment névralgique pour les universités québécoises. Perçues par le gouvernement et les forces armées comme une importante source de main-d’oeuvre qualifiée, elles ne peuvent échapper au conflit et doivent placer leurs ressources au service de la lutte armée : elles imposent l’entrainement militaire à leurs étudiants, forment des techniciens pour les forces armées, contribuent à la recherche militaire, accélèrent certains programmes jugés « essentiels » et purgent les programmes « non essentiels ». Cette étroite collaboration entre les universités et le gouvernement canadien transforme durablement le système d’éducation supérieure. Afin d’explorer cette dynamique, notre étude propose une analyse conjointe des journaux, publications institutionnelles et fonds d’archives produits par les universités québécoises actives durant cette période : McGill, l’Université de Montréal, l’Université Laval et Bishop’s. D’un point de vue institutionnel, la guerre confirme l’épuisement du modèle universitaire humaniste et théologique au profit d’une approche fondamentalement utilitariste. Cette réorientation se traduit par la rapide croissance des programmes de sciences appliquées, biomédicales et naturelles au détriment des sciences humaines. Le conflit stimule également l’expansion des campus. En dépit du départ des hommes pour le front et de l’imposition d’importantes restrictions relatives aux programmes « non essentiels », l’enrôlement étudiant croît pendant le conflit et connait un essor important durant l’après-guerre. Motivée par une variété de facteurs (protection des étudiants contre la conscription, réintégration des anciens combattants, retour de la prospérité économique, etc.), cette trajectoire démographique favorable voit un nombre sans précédent d’hommes et de femmes rejoindre les rangs de la communauté universitaire. Incapables d’accueillir ces nouveaux étudiants et étudiantes dans leurs anciens bâtiments et locaux, les universités québécoises mettent sur pied d’ambitieux programmes de construction par le truchement desquels ils accroissent durablement leur capacité d’accueil et modernisent leurs installations. Or, ces grands chantiers exposent au grand jour les limites du modèle de financement privé. Soumis à une importante pression étatique et sociale, les étudiants doivent ajuster leurs ambitions en fonction de la lutte armée. Face à ces défis, les étudiants canadiens-anglais et canadiens-français offrent deux réponses fondamentalement incompatibles. Les premiers se rangent derrière l’État et développent diverses initiatives patriotiques afin d’exprimer publiquement leur soutien de l’effort de guerre. Les seconds rejettent toute participation du Canada à une guerre extraterritoriale et organisent une campagne anticonscriptionniste. Incapable d’harmoniser ces positions, la communauté étudiante se divise sur son axe ethnolinguistique durant l’année 1939-40. Cependant, la conclusion du conflit à l’automne 1945 revitalise le mouvement étudiant canadien et ouvre la porte à une coopération accrue entre les campus anglophones et francophones. Craignant ouvertement le déclenchement d’un troisième conflit mondial, les étudiants renouvellent leurs convictions pacifistes et internationalistes, mettent de côté leurs différends et travaillent collectivement à l’établissement d’une paix durable.
Type
Thèse de doctorat (Ph.D.)
Université
Université de Montréal
Lieu
Montréal
Date
2026-02
DOI
Consulté le
26/03/2026 16:39
Titre abrégé
Les universités québécoises et la Deuxième Guerre mondiale
Langue
Français
Catalogue de bibl.
umontreal.scholaris.ca
Référence
Walling, Jeremy, et Carl Bouchard. « Les universités québécoises et la Deuxième Guerre mondiale : collaboration, mobilisation et transformations ». Thèse de doctorat (Ph.D.), Université de Montréal, 2026. https://doi.org/10.71781/34324.
Années
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