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L’évolution du débat sur la pensée navale en Angleterre de la décennie 1880, suivant la fin d’une période d’intenses changements technologiques dans les marines de guerre est marquée par le déclin d’un mode de réflexion matériel et l’ascension, à partir des années 1885 et 1886, de l’école historique de John Knox Laughton. Selon la méthode matérielle, populaire au cours de la période de transformation technique, la guerre sur mer est entièrement tributaire du Progrès, tandis que, pour les tenants de la méthode historique, des principes et des leçons immuables la régissent. À travers l’évolution de ce débat, on constate l’introduction, par la Jeune École française, d’une perspective matérialiste et de la stratégie navale comme objet de réflexion, et son exploitation par l’école historique anglaise. L’émergence de la stratégie comme sujet de débat coïncide donc avec le triomphe de l’école historique. Croyant que la torpille allait démocratiser la puissance navale en empêchant le belligérant le plus puissant d’user de sa maîtrise des mers, la Jeune École connut un succès fulgurant qui déborda des côtes françaises et atteint l’Angleterre. Néanmoins, les matérialistes anglais, demeurant beaucoup plus modérés que les français, furent finalement marginalisés par une école historique utilisant les exagérations de la Jeune École, dont les insuffisances sont apparues lors des manœuvres de l’été 1886, pour disqualifier entièrement la méthode matérielle. Étudiant les débats du Royal United Service Institution Journal, ce mémoire démontre l’existence, en Angleterre, au cours de la décennie 1880, d’un débat polarisé au contraire d’une historiographie ne montrant que l’ascension des précurseurs de Mahan et de l’école historique.
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In 1988, British gastroenterologist Andrew Wakefield describes a new type of phenomenon. According to his Since 1970, specialists have noticed an upsurged in the amount of diagnosis of autism spectrum disorder (ASD) in Quebecois children and children across the world. Once considered “unfortunate souls” suffering from an “unknown illness”, autism is now a disorder the public is now well-aware of, and on which multiple studies were conducted. However, with the publication of a study in 1998 claiming the origins of the disorder is the measles, mumps, and rubella vaccine (MMR vaccine), the conversation on autism is now polluted by the question of its origins, to the point few people have considered the portrayals of autism and autism in the period leading up to this publication, when the years 1970 to 1990 represent an important period in terms of the evolution of autism’s markers and its treatments, in Quebec in particular. To this end, a series of articles from daily newspapers La Presse and Le Devoir concerning autism over the period 1970-1998 were analyzed in order to highlight three important axes in the present research: the characteristics of autism, the causes of the disorder as well as the care of autistic people, and in particular, young autistic people. From this analysis, we first retain a transformation in the perception of the autistic, where the ‘idiot’ child of the 1970s becomes a misunderstood genius in the 1990s. Simultaneously, we note the appropriation by popular discourses of the role of parents (and mothers especially) on the origins of autism, as well as the popularization of the myth of giftedness in the 1990s. In order to answer these questions, the present dissertation hopes to question the thickness, complexity and temporality of these representations, and do so by trying to observe if those representations interact or are independent from each other during this period, and if we see through the press tensions between discourses used by both communities, or a mixture of mutual appropriations.
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Known to the scholarly milieu of historians, Roman history reached the general public during the 20th century in various forms: cinema, literature, schools and museum exhibitions. The emperor Augustus is important in Roman history for his transformative role of the Roman world. Born in 63 BC and died in 14 AD, Augustus became the founder of a new political regime, the Principate, replacing the Roman Republic, and making Augustus the first Emperor. He thus marks the history of the Roman Empire until its fall, and will still influence the entire European and Western world twenty centuries later. In 1937, the Mostra Augustea della Romanità is an Italian exhibition organized under the fascist regime celebrating the “idea of Rome” – the Romanità –, and wanting to amalgamate Augustus with Mussolini. This exhibition is analyzed in comparison with two other exhibitions (Kaiser Augustus und die verlorene Republik, Berlin, 1988; and Augusto/Moi, Auguste, Empereur de Rome, Rome/Paris, 2013/2014). The research focuses on the museum representation of Augustus and on the relation of the historiography still evolving with each exhibition. The exhibition catalogs are the main source for exhibited artifacts, themes, research, and storytelling. Each exhibition is put in its context and compared to their contemporary historiography, centered on outstanding works of their time. Thus, these exhibitions are tinted by their time, but in turn influence contemporary and future popular historical culture and as for academia. Museological work is not only popularization of historical discourse for the general public, but also participatory work in historiography.
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In 1814, an ending that no one could have anticipated brought back a dynasty swept by the winds of history twenty-five years ago. Returning to France, Louis XVIII restores their titles to the old nobility of the Ancien Régime, but "grants" a Charter which was intended to guarantee the liberal principles inherited from the Revolution. The « Restoration », the name given to the reestablishment on the throne of France of the former Bourbon dynasty, nevertheless raised many questions. What would happen to this new France that had emerged with the Revolution since 1789? Between 1814 and 1820, a period during which a liberal political program was established, the Royalists invoked the Revolution and the threats it put on the monarchy in order to fight it. The Liberals, on the other hand, saw in their royalist adversaries an old and embittered nobility, emerging once more from a distant past, and who badly conceals its secret desire to abolish the Charter and claim her former rights. This master’s thesis will discuss the divide that existed between two elites competing for political and social dominance. In the light of the debates of the time, we will see how Royalists and Liberals, the two major political groups of the period, articulated their speech. One theme appears particularly prominent: the Revolution. After two decades, it divides again. Worse, it was still relevant and its memory never ceased to occupy the political space.
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Grégoire de Tours est l’un des auteurs les plus connus du haut Moyen Âge occidental puisque son œuvre principale, les Histoires, représente notre principale source d’informations concernant l’histoire mérovingienne du sixième siècle. L’objectif principal de cette thèse est de démontrer que ce texte essentiel représente une exhortation destinée à Théodebert II et Thierry II à ne pas s’affronter dans une nouvelle guerre civile. Ce travail est divisé en trois chapitres. L’introduction traite principalement de la question des destinataires visés par Grégoire, c’est-à-dire les fils de Childebert II, et cherche à montrer que les Histoires ont été écrites tardivement dans la vie de l’auteur et non au gré des évènements. Le deuxième chapitre (historiographie, rhétorique et les dix livres d’Histoire) illustre de quelle manière Grégoire a dénoncé la guerre civile et encouragé la collaboration entre les rois grâce aux normes du genre historiographique héritées de l’Antiquité tardive et aux stratégies rhétoriques reprises des écoles tardo-antiques. L’évêque de Tours cherche à souligner les conséquences désastreuses de ces conflits à la fois sur le royaume et la population et à associer ces guerres à des personnages détestés à la cour austrasienne. Le dernier chapitre (le rôle de l’évêque dans les Histoires) démontre que les évêques pouvaient également atténuer ou même empêcher les guerres civiles. Grâce à la représentation de l’évêque idéal transmise depuis l’Antiquité tardive, Grégoire s’est efforcé de valoriser ses collègues qui ont agi pour la paix et de dénoncer ceux qui fuyaient leurs responsabilités ou qui profitaient des tensions pour obtenir des avantages.
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Cette thèse se propose de comparer exhaustivement trois systèmes de divination par voie de tirage au sort qui ont été contemporains dans l’antiquité tardive. À l’aide d’une analyse rigoureuse des thèmes évoqués, des stratégies rhétoriques employées, du vocabulaire présent et des probabilités d’obtention des réponses offertes, plusieurs points communs ressortent. Les énoncés positifs et négatifs se veulent, dans tous les cas, équilibrés et ils optent souvent pour des variantes temporelles afin de tempérer les prédictions. Lorsqu’ils ne s’appliquent pas à des questions spécifiques, ils misent sur l’imaginaire des consultations littéraires qui allie proverbes et éléments épiques, sans toutefois déroger des thèmes communs liés aux préoccupations quotidiennes des consultants. La rhapsodomancie s’inscrit dans cette mouvance et prouve à quel point l’épopée est une source propice à l’élaboration de systèmes oraculaires, sans jamais que le contexte narratif et littéraire des vers sélectionnés n’entre en jeu.
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L’objectif de ce travail était d’apporter une réflexion sur les influences du colonialisme européen aux XVII-XVIIIe siècles. Ayant déjà rédigé mon mémoire de fin de maîtrise sur la Corinthe archaïque et ses colonies, j’ai souhaité approfondir la question, en choisissant de situer la problématique dans un contexte historiographique plus large, dans le temps comme dans l’espace. Plusieurs auteurs se sont intéressés aux réceptions de l’Antiquité à des périodes spécifiques (Grell et Alexandre le Grand en France, Richard et les influences antiques de la Révolution américaine,…). Cependant, aucune analyse sur le long terme n’avait encore été fournie, pas davantage qu’une réflexion de fonds sur la place de l’Antiquité dans la manière de penser les colonies en Europe moderne. Cet état de fait, de même que la relative rareté des sources modernes traitant des colonies grecques, m’ont obligé à élargir au maximum le champ de recherche, en y incluant des auteurs qui, s’ils ne se préoccupèrent pas de colonisation, recoururent néanmoins au précédent grec pour illustrer des problématiques de leur temps. Toutefois, il est possible de constater à quel point les répertoires historiographiques concernant la Grèce antique et ses colonisations se sont développés dans le courant de ces deux siècles qui virent l’apogée et la chute des premiers empires coloniaux européens en Amérique du nord. Si la comparaison à l’Histoire grecque ne relevait souvent que du Topos et de la propagande (comme dans le cas de la comparaison du Grand Condé ou de Louis XIV à Alexandre le Grand), son utilisation dans le cadre de controverses à plus large échelle outrepassait aussi le seul lieu commun pour s’inscrire dans un discours rhétorique plus approfondi. Le choix de la colonisation grecque comme modèle de comparaison s’imposait d’autant plus logiquement que les divers auteurs, depuis les premiers colons jusqu’aux pères fondateurs américains, insistaient sur les mérites économiques des colonies européennes. D’autres régimes, comme l’empire espagnol au XVIe siècle ou l’empire britannique au XIXe siècle, ont davantage recouru à une terminologie d’inspiration romaine. En effet, leur politique se fondait plus sur l’idée d’une extension impérialiste de l’État que sur une vision commerciale du colonialisme. L’article de Krishan Kumar demeure l’un des plus importants sur la question. La réception de l’Histoire des colonies grecques aux Temps modernes fut avant tout le fruit d’une tentative de définition du colonialisme comme phénomène global, et d’une volonté de situer les nations européennes dans un contexte remontant aux origines de l’Occident. À l’heure où l’Europe amorçait sa domination sur la totalité de la planète, et où la course à la colonisation s’accélérait, la majorité des auteurs s’abritaient derrière l’image de thalassocraties antiques qui, si elles ne dénotaient pas un pouvoir politique centralisé, n’en contribuèrent pas moins à imposer la culture fondatrice de la pensée occidentale à tout le bassin méditerranéen. Quant aux guerres qui poussèrent les puissances antiques les unes contre les autres, elles ne faisaient qu’augurer des conflits à large échelle que furent les guerres franco-britanniques du XVIIIe siècle.
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Throughout the nineteenth century, the Ottoman Empire grew weaker and seemed headed for collapse. It became the object of the ambitions and rivalries of the European powers. Under its suzerainty, Syria, including the Mount Lebanon region, was a key area strategically since it dominated the access routes to India and southern and eastern Asia. France and England both tried to impose their influence by way of local communities. France acted through the Christian Maronites, while Britain used the Druzes. In the spring of 1860, trouble broke out between the two communities, resulting in the massacre of thousands of Christians. The European powers, at the behest of the government of Napoleon III, agreed to intervene by sending a commission of inquiry and troops. The expedition’s official mission was to help the Ottoman Empire to restore order and to protect Christians. This thesis shows that imperial France pursued political and economic goals with regard to Syria and Lebanon. The historiography had not previously analyzed in depth the real French mobile in this expedition. The political and economic ambitions were far more important in its decision to set in motion an expedition than the "humanitarian" Christian duty of providing protection or the satisfaction of the public opinion. Far from being deterred by the catastrophe of the massacre that threatened the survival of its protégés and therefore its influence in Syria, Paris, and especially its foreign minister E. Thouvenel, managed to turn the situation to his advantage. Skilfully using the desire of interference of other powers and its role as protector of Christians, France managed to corner England, which opposed the intervention, and justify it on principles far removed from its real objectives. The troubles finally represented for her an opportunity to widen the autonomy of the Mountain vis-à-vis the central authority of the Ottoman Empire and to increase the economic and political power of its clients through the revision of the administrative status of the region. In so doing, it has strengthened its influence in the eastern Mediterranean and moved a step closer to dominating Syria.
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L’histoire des relations franco-japonaises est source de bien des surprises pour les historiens, ces deux pays n’ayant, à première vue, que peu de raisons de se rapprocher. La France du Second Empire est l’une des premières puissances à se rendre au Japon et elle démontre rapidement un vif intérêt pour le développement du Japon. Dès la signature des premiers traités en 1859, la présence française se développe pour atteindre son sommet quelques années plus tard. Malgré les changements de régime au Japon et en France, cette présence restera forte jusqu’au début des années 1880, avant de décliner. Qu’est-ce qui explique cet intérêt? Et, surtout, qu’est-ce qui explique le désintérêt de la France après les années 1880? Il n’y a que quelques auteurs qui ont tenté d’y trouver des réponses, et celles-ci sont, à notre point de vue, peu concluantes: soit la France agit pour faire grandir son prestige, soit elle agit en fonction de ses représentants. Nous tenterons dans le présent travail de cerner et, si possible, de trouver en utilisant une variété de sources françaises une autre cause plus convaincante comme explication de la position française au Japon. Serait-ce le commerce qui a motivé la France au Japon, notamment à cause de la crise du ver à soie? Serait-ce la religion, avec toute la question des persécutions des chrétiens? Ou encore, est-ce une raison plus globale liée à la colonisation de l’Indochine? Afin d’y répondre, nous avons étudié avec minutie les archives du gouvernement français ainsi que les données économiques de l’époque, afin de cerner l’importance qu’ont eue certaines raisons, telles la crise de la soie, les persécutions religieuses et la présence française en Indochine, dans les décisions du gouvernement français.
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Ce mémoire a pour objectif d’analyser et de répertorier les productions historiographiques sur la race et le racisme dans l’Atlantique français au XVIIIe siècle. À travers nos lectures, nous avons pu constater que l’historiographie sur les colonies françaises, de plus en plus abondante, et l’approche privilégiant l’espace atlantique ont pris beaucoup d’importance depuis les vingt dernières années et cela a grandement influencé notre choix de diviser les productions historiographiques en trois catégories qui seront les trois chapitres de ce mémoire. Dans un premier temps, nous traiterons des travaux portant plus spécifiquement sur la race et le racisme où nous présenterons le débat quant à l’origine temporelle du racisme. Par la suite, nous présenterons certains travaux en histoire de l’esclavage dans l’Atlantique français qui relient le développement de l’esclavage et celui de la pensée raciale. Finalement, nous aborderons la question du racisme dans la métropole française au XVIIIe siècle en analysant les études qui ont été faites sur les questions des minorités noires et juives en France ainsi que les études sur la question coloniale à l’heure de la Révolution française. Par ailleurs, nous allons aussi présenter le désaccord qu’il y a entre les historiens quant à l’authenticité de la croyance des philosophes des Lumières en leur idéologie prônant la tolérance. Avec les nouvelles productions en histoire atlantique, il est évident que la conception de la race en France est le résultat d’une multitude de facteurs : culturels, scientifiques, économiques et politiques.
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At the dawn of 1930s, Alsace shares a troubled past with France and Germany. While the region came again under French rule after the First World War in 1919, Paris has difficulty integrating Alsace in the Republic, because it does not understand that forty years of German control upset the region's life at the political, cultural, religious and linguistic levels. France does not perceive the sense of identity of the population and its will to preserve its values. The Alsatian separatism of the 1920s and the repression of the movement by the French authorities damage the relations between Paris and Strasbourg. Along with the tension of the 1930s, Adolf Hitler's arrival to power in 1933 in Germany radically modified the situation. The thesis examines how the French-speaking Alsatian press perceived the rise of Nazism in Germany from 1933 to 1939. Did Alsace question its allegiance to France, a country that demonstrated signs of weaknesses, and did not clearly understand Alsace? Or did it prefer a strong and stable Germany? By consulting newspapers of various political and religious orientations, such as Les dernières nouvelles de Strasbourg, Le nouvelliste d'Alsace, Le Lorrain et L'éclair de l'Est, the thesis analyzes the opinion of the Alsatian press on the German events in the 1930s. The French-speaking press was not in favour returning to the Reich. Nevertheless, the allegiance to France was not as clear as the historiography leads us to believe on this matter. Until March 1938, the French-speaking Alsatian press did not claim particular status, even if it was dissatisfied with the options available, as much on the side of France as on the side of Germany. The region's point of view changed regularly. While Hitler caught everyone's attention in 1933, the unstable political situation in France as well as the choices of the Popular Front are the target for the French-speaking Alsatian press from 1936. It was only when the war seemed inevitable that it lined up behind the French Republic.
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