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  • La reconfiguration aujourd’hui du « champ intellectuel » palestinien autour de l’activisme non-gouvernemental et au détriment d’une ancienne garde marxiste s’explique-t-elle par un militantisme islamiste, politique autant que social ? Pourquoi la présence hégémonique de l’« islam » dans « l’espace public » n’a-t-elle pas généré de « nouveaux intellectuels musulmans », ceux dont l’engagement exégétique sur une scène globalisée ne préjuge pas de leur engagement national et séculier ? Est-ce parce que la « société civile » palestinienne, grevée par la désagrégation, en 4 années d’Intifada, d’infrastructures et d’institutions difficilement consenties par le processus d’Oslo, se confine à une action dictée par l’urgence, rendant difficile l’apparition de tendances plus ancrées dans une discursivité autonome, quelle qu’elle soit ? Déconstruisant, pour le cas palestinien, les attributs usuels de la réalité intellectuelle, l’article souligne les contraintes structurelles sous lesquelles œuvrent les acteurs et illustre leur polarisation à l’aune du débat sur les attentats suicide.

  • Il y a quelque trente ans, le sociologue et essayiste syrien Abû cAlî Yâsîn avait stigmatisé, dans al-Thalûth al-muharram (Le Trio interdit) les trois tabous qui entravent la liberté de pensée et de création et sur lesquels bute tout discours d’émancipation dans les sociétés arabes, à savoir la politique, le sexe et la religion. La littérature représente sans doute le domaine qui a conquis le plus d’espace de liberté, mais elle se heurte de plus en plus – depuis ce que d’aucuns appellent le «...

  • Cette troisième livraison d’Égypte/Monde arabe nouvelle série, coéditée par le Cedej et les éditions Complexe, est l’occasion de faire un point sur les essais et les acquis d’une nouvelle formule qui a fait le pari de la grande diffusion sans renoncer à sa raison d’être : celle d’un semestriel de sciences sociales résolument tourné vers une aire culturelle et ses particularités. C’est ce défi relevé d’une continuité dans la différence qui nous permet aujourd’hui de fêter les dix ans d’une rev...

  • La programmation de ce numéro de mélanges par l'ancienne rédactrice en chef, Edwige Lambert, aura été fort opportune, et ce, pour au moins trois raisons. Par son éclectisme objectif d'abord, ce numéro rappelle qu'une réalité ne doit son monolithisme qu'aux objectivations partielles dans lesquelles on l'enferme. Proposer, à la suite, des articles portant diversement sur l'islam, les langues étrangères, la littérature et la télévision en Égypte, relevait certes de la gageure, n'était la satisfa...

  • Le numéro 29 (1er trimestre 1997) sort au moment où l'année touche à sa fin :: s'il est d'usage de dire que les absents ont toujours tort, ne dit-on pas aussi, dans le Monde arabe, que ces derniers ont sûrement leurs raisons. À dicton, dicton et demi : qu'il nous soit donc donné ici de comparaître à la barre des circonstances, afin qu'abonnés fidèles et lecteurs occasionnels soient nos seuls juges. Ainsi, une vacance du poste rédactionnel et une grave maladie sont-elles à mettre au compte d'u...

  • Ce n° 34 de la revue Égypte/Monde arabe, consacré à l'histoire et. à la sociologie du droit égyptien, représente le dernier numéro de la série actuelle. Ainsi que nous vous l'avions précédemment annoncé, la revue préparait lentement sa mue depuis le n° 29, bousculant quelque peu certaines de ses normes et rubriques habituelles, le roulement établi de ses thématiques et disciplines, passant à une périodicité semestrielle avec le n° 33, entérinant le principe de l'édition de textes en langue an...

  • In the wake of the Ottoman Empire’s nineteenth-century reforms, as guilds waned and new professions emerged, the scholarly ‘estate’ underwent social differentiation. Some found employment in the state’s new institutions as translators, teachers and editors, whilst others resisted civil servant status. Gradually, the scholar morphed into the public writer. Despite his fledgling status, he catered for the public interest all the more so since new professionals such as doctors, engineers and lawyers endorsed this latest social role as an integral part of their own self-image. This dual preoccupation with self-definition and all things public is the central concern of this book. Focusing on the period after the tax-farming scholar took the bow and before the alienated intellectual prevailed on the contemporary Arab cultural scene, it situates the making of the Arab intellectual within the dysfunctional space of competing states’ interests known as the ‘Nahda’. Located between Empire and Colony, the emerging Arab public sphere was a space of over- and under-regulation, hindering accountability and upsetting allegiances. The communities that Arab intellectuals imagined, including the Pan-Islamic, Pan-Arab and socialist sat astride many a polity and never became contained by post-colonial states. Examining a range of canonical and less canonical authors, this interdisciplinary approach to The Making of the Modern Arab Intellectual will be of interest to students and scholars of the Middle East, history, political science, comparative literature and philosophy.

  • Ce mémoire vise à dégager l’édifice politique que les Huns léguèrent aux Avars et aux Bulgares entre le cinquième siècle et l’aube du onzième siècle. Pour ce faire, il faut tout d’abord définir ce monument politique hunnique. Le premier pan de ce travail sera donc le dégagement des principes doctrinaux qui animaient le pouvoir des seigneurs des steppes et qui orientaient leur idéologie. Ce langage politique s’est transformé sur la longue durée en une koinê que tous les groupes barbares, sur l’ensemble de la charnière eurasiatique, étaient à même d’interpréter. Ensuite, les facteurs qui facilitaient l’hégémonie d’un clan donné seront identifiés. En fonction des éléments précédemment dégagés, les entités politiques steppiques seront définies comme des cartels. Cet idiome, emprunté aux sciences économiques sera mobilisé afin d’énoncer les objectifs des chefs de cartels de manière plus claire. Ceux-ci découlaient d’un désir des chefs d’obtenir la mainmise sur un marché global des biens de prestige et des honneurs. Afin d’identifier correctement les buts des cartels steppiques, il est ceci-dit nécessaire de travailler en adoptant une approche eurasiatique et interactioniste afin de rendre compte de la fluidité de l’ordre politique steppique pendant l’Antiquité tardive. En effet, les chefs de cartels et ceux qui ont fait le choix d’adhérer à leurs projets politiques ont été contraints de relever des défis toujours plus grands tels des crises climatiques, la consolidation des États voisins en empires aux prétentions universelles et la complexification des systèmes sur lesquels ils essayaient d’assoir leur hégémonie. En occident, les Huns - entendus comme un groupe politique uni en un cartel mené par le clan d’Attila - ont presque réussi à s’enraciner durablement, mais les réformes d’Attila ont brisé l’accord de cartel qui unissait toutes ces populations disparates, ces « entreprises », entre elles. Ainsi, dès lors qu’Attila et son clan disparaissaient au milieu du cinquième siècle, les groupes auparavant unis sous une même bannière devaient trouver un nouveau terrain d’entente. Ce terrain d’entente sera dégagé par les Avars et la maison de Baïan, qui réussit à unir tous les groupes anciennement affiliés aux Huns derrière une nouvelle dynastie tout autant prestigieuse qui avait les moyens fournir une alternative à l’intégration au monde romain. Plus tard, les Bulgares ont émergé afin de fournir, eux aussi, une alternative à Rome et aux Avars. Ils réussirent leur pari en mobilisant le souvenir d’Attila mais également en adoptant un langage politique qu’ils avaient emprunté tant au cartel des GökTürks qu’aux Romains.

  • This chapter examines the historical evolution of Taiwan’s tourist image in Japan as a gourmet paradise from the context of postcolonial encounters in the 1960s to global tourism in the twenty-first century. To examine the textual and visual representations of Taiwan’s image, this research includes sources from travel magazines, guidebooks, and special editions on tourism in women’s magazines. In the 1960s, Taiwan was depicted as the ‘Orient’ in Japanese travel magazines, whereas the presence of food was not significant but often appears together with nightclubs and hostesses. As Japan’s economy boomed in the 1970s, guidebooks with rich visual images of cuisines began to replace literal travelogues in the making of the image of Taiwan. As this form of representation persists, Taiwan’s image as ‘the gourmet paradise’ continues to dominate the tourist market and shape Japanese general image on Taiwan. Moreover, after Taiwan’s generous donation to Japan for the recovery of the 2011 Tohoku earthquake, various travel media further embeds Taiwanese food with the trust and intimacy between the host and the guests. This ‘gustatory gaze’ toward food images in travel media can thus be considered as an embodiment of a more complex history of Japan’s exotic longings and intimacy toward Taiwan.

  • This article explores how the feminisation of Western-style confectionery was critical in bridging sweetness with modernity in interwar Japan. By examining three categories of Japanese women – the ‘female worker’, the ‘modern girl’ and the ‘good wife, wise mother’, it argues that the sweetness of Western-style confectionery was associated with the female body due to women's extensive involvement in the production process and performances in visual advertisements. As these women helped construct the cultural imagination of Western-style confectionery as a feminised product, their presence also unfolds the key links between Japan's rising consumer culture and the empire's growing power.

  • This article examines how the commercial success of Western-style confectionery (yōgashi) of the Japanese Empire was largely built on the capital and resources of colonial Taiwan. Building on existing studies that acknowledge the importance of Taiwan’s colonization in Japan’s sugar industry, this article explores the tension between sweetness and power in the Japanese Empire through the lens of Western-style confectionery, a product regarded as a symbol of progress and modernity. Through the examination of the activities of two confectionery companies—Niitaka Confectionery and Morinaga Confectionery—in Taiwan, this article addresses how the making of Western-style confectionery required raw materials other than sugar, such as bananas and cocoa, that were obtained through the means of colonialism. By expanding the studies on sweetness and colonialism from sugar to confectionery, the article shows that the sugar industry, confectionery manufacturers, and the Japanese state wove together a complicated network that formed the foundation of Japan’s rising empire of sweetness. It also highlights the significance of the colonization of Taiwan in the rise of Japan’s Western-style confectionery industry that has long been obscured in people’s memories of sweetness.

  • En reconnaissant aux émotions la capacité d’être agent de l’histoire, cette recherche s’interroge sur la place qu’occupe la colère dans la société montréalaise des XVIIe et XVIIIe siècles à l’aide de deux corpus de sources. Il sera d’abord question d’observer le discours religieux sur les passions en analysant comment se déploie le message chrétien sur l’émotion à partir des sermons et catéchismes des prêtres sulpiciens. Si la colère est un péché à fuir, les émotions ne sont pas un mal en soi et doivent participer au cheminement spirituel. Ce discours, critique de la société qu’il décrit, condamne la colère que l’honneur blessé provoque, source de vengeance. La violence des conflits d’honneur est au cœur du second corpus, composé des archives judiciaires de Montréal. Plus qu’une réaction affective, la colère se révèle comme phénomène relationnel qui influence les interactions interpersonnelles. Elle participe à créer un rituel de l’affrontement dans lequel la violence est acceptée comme étant nécessaire à défendre l’honneur. Enfin, toutes les colères ne sont pas interprétées de la même façon. Une colère est légitime du moment qu’elle permet de reproduire les rapports de domination qui structurent la société d’Ancien Régime. Ainsi, son bien-fondé dépend des divers critères intersectionnels qui caractérisent les individus. Le courroux peut aussi bien être outil de l’imposition du pouvoir, que dénoncé comme force perturbatrice de l’ordre naturel des choses.

  • Les heurts internationaux se multiplient et l’affrontement armé entre grandes puissances pointe à l’horizon. Le discours belliqueux entretient une ambiance belligène. Tandis que l’« ordre » américain se délite, les États-Unis se débattent comme une bête blessée pour le rétablir et empêcher l’avènement d’une ère post-étasunienne. C’est le reste du monde qui fait les frais de cette crise hégémonique de l’impérialisme américain. Autant le besoin de comprendre est lancinant, autant l’offre se réduit à un matraquage de « récits » et de « narratifs » déformants, à une pensée unique mensongère et infantilisante. La fiction se substitue au réel. Contre la propagande et la désinformation, ce livre réunit des articles qui vont au fond des choses et fournissent les nécessaires explications, sans concession à la ligne officielle.

  • Malgré l’abondance d’études à propos de la liturgie féminine mérovingienne, la présente recherche a pour particularité de prendre les textes hagiographiques comme point de départ à sa réflexion. Nous tenterons alors d’analyser les limites de l’hagiographie féminine mérovingienne quant à la représentation de la liturgie qui est opérée, principalement, par les saintes et leur communauté. Aussi, nous entreprendrons de comprendre comment ces différentes formes de liturgie sont abordée dans les Vies. Pour ce faire, nous avons une démarche à la fois quantitative et qualitative. Une définition au sens large de la liturgie, et une lecture systématique des sources du corpus, nous a mené à pouvoir établir des micro et macro-catégories pour les différents actes et pratiques liturgiques se trouvant dans les Vies. Nous avons ensuite pu quantifier ces micro-catégories afin de nous pencher à la fois sur la fréquence de ces actes dans les Vies du corpus et sur la présence des gestes, larmes et émotions lors de la pratique liturgique. Le volet qualitatif, quant à lui, se concentre sur la place narrative des actes et pratiques liturgiques dans les Vies de notre corpus. Pour ce faire, nous avons repéré des éléments narratifs communs à toutes les Vies afin de pouvoir les étudier de manière simultanée. Ensuite, nous abordons l’efficacité liturgique des saintes en nous penchant sur les miracles. Pour finir, nous analysons l’apport du geste, des larmes et de l’émotion dans la pratique liturgique des femmes saintes et de leur communauté.

  • Dans les années 1880, la France s’extirpait de dix années de repentance que sa défaite à l’issu de la guerre franco-prussienne en 1871 lui avait imposée. Déterminée à afficher son retour en force aux puissances européennes, elle se relança dans la course aux colonies avec une ardeur inégalée jusqu’à la Première Guerre mondiale. Si le Second Empire ne se préoccupa que très peu de la méfiance et de l’indifférence du public à l’égard de l’empire, les intentions expansionnistes de la Troisième République dépendaient, quant à elles, de l’appui de l’électorat, rendant son soutien, voire son engouement indispensable. Outre un argumentaire économique, une « culture coloniale » s’imbriqua dans les multiples sphères culturelles consommées par les Françaises et les Français. Ce discours veillait à légitimer, promouvoir et familiariser le public aux colonies. Au travers une variété de leviers mobilisés pour mener à bien ces objectifs, l’archéologie en milieu colonial eut une place de choix dans les argumentaires. Profitant de sa maniabilité, sa polyvalence et son aspect tangible, elle agit autant en soutien aux récits légitimateurs glorifiant les empires romain et khmer déchus que comme moyen de promotion impériale. Son caractère mystérieux qui suscite, à ce jour, la curiosité du public, servit à stimuler l’intérêt, mais également le patriotisme des métropolitains. Bien que la place de l’archéologie dans ces argumentaires pro-coloniaux était connue, ce mémoire met en lumière la variété de ses usages qui servirent bien au-delà de la légitimation de la présence française en Afrique du Nord.

  • Ce mémoire a pour sujet les communautés de caves qui émergent à Berlin dans le contexte des bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Nées de la proximité prolongée de la population dans les abris antiaériens et de l’expérience commune du front intérieur, ces communautés offrent à leurs membres un soutien à la fois matériel et émotionnel. Se concentrant sur la période allant de janvier à juin 1945, cette recherche se penche sur la question du rôle des communautés de caves dans la survie des Berlinoises et sur l’impact de l’arrivée des soldats soviétiques sur leurs modes de survie individuels et collectifs. En nous appuyant sur des égo-documents et en empruntant les angles du genre, du quotidien et de la survie, nous soutiendrons que l’esprit communautaire qui émerge entre les Berlinoises dans les abris antiaériens affecte l’expérience et la survie de ces femmes, offrant à chacune des chances de survie plus égales, tant pendant la guerre, dans le contexte des bombardements, que dans l’après-guerre, dans le contexte de l’occupation soviétique et des violences sexuelles. Malgré des épreuves quotidiennes communes telles que la destruction, le manque de nourriture, le contact avec la mort et les violences sexuelles, les expériences relatives à cette période sont multiples, variant d’une Berlinoise à l’autre en fonction de divers facteurs personnels. Comme nous le verrons, les communautés permettent d’équilibrer les chances de survie de chacune face aux défis du quotidien.

  • Cette étude s’intéresse à l’évolution de la culture politique bas-canadienne, depuis le moment où s’accentuent les demandes de réformes constitutionnelles du Parti canadien, au début des années 1820, jusqu’aux Rébellions des patriotes de 1837-38. Il prend pour cadre d’analyse les théories du pacte social (ou contractualistes) développées par des philosophes et juristes européens aux 17e et 18e siècles, en particulier Thomas Hobbes, John Locke, Samuel Pufendorf et Jean-Jacques Rousseau. Le mémoire expose les principes de ces théories tout comme leurs spécificités afin d’établir l’influence de cette tradition politico-juridique dans le discours des élites bas-canadiennes. Suivant les traces de Louis-Georges Harvey et Michel Ducharme, cette recherche veut contribuer à cerner au sein de quelle grande tradition politique du monde atlantique s’inscrivait le discours des patriotes et celui de leurs partisans. Elle tente aussi de savoir à quelles visions du pacte social les intellectuels bas-canadiens adhéraient publiquement ; de quelle manière leur philosophie du pouvoir ainsi que leur compréhension des droits et devoirs des sujets de la Couronne ont évolué lors de cette période ; quels étaient les discours concurrents, notamment catholiques, de la part de leurs adversaires, etc. Sur le plan méthodologique, la recherche a recours aux archives de la presse périodique francophone de l’époque (Le Canadien, La Minerve, L’Ami du peuple, Le Constitutionnel, L’Écho du pays, etc.) Les trois piliers des théories contractualistes ont servi, quant à elles, à structurer le mémoire de la façon suivante : un premier chapitre ayant pour thèmes les doctrines modernes du droit naturel et du contrat ; un second chapitre celui de la doctrine moderne de la souveraineté. L’étude suggère que la scission du mouvement patriote entre ceux qui ont privilégié une sortie de crise légale et ceux qui ont opté pour la force n’était pas le résultat d’une différence intrinsèque de philosophie politique, mais plutôt le produit d'une évaluation différente de la gravité du moment, les deux camps partageant une seule et même vision de la souveraineté et du pacte social, tout au long de la période.

Dernière mise à jour depuis la base de données : 23/03/2026 05:00 (EDT)

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